S’exprimant lors de sa conférence de presse hebdomadaire ce lundi 27 juillet 2026, le ministre des Transports et porte-parole du gouvernement est revenu sur la situation des figures politiques résidant à l’étranger. Selon lui, aucun texte ne s’oppose à leur retour au pays, à condition qu’ils acceptent de faire face à la justice.
Pour le porte-parole du gouvernement, la décision d’interrompre son séjour à l’étranger relève avant tout d’un choix personnel, et non d’une contrainte légale imposée par les autorités de Conakry : « Est-ce qu’il y a une disposition dans notre pays qui empêche de rentrer ? Non ! Je ne crois pas qu’il y ait quelqu’un à qui on a dit en direct qu’il ne rentre pas. Chacun est libre de revenir en Guinée, cela relève de sa propre liberté », a-t-il affirmé d’entrée.
S’il reconnaît que certains acteurs politiques hésitent à revenir par crainte d’être poursuivis, le ministre estime que l’appréhension d’une procédure judiciaire ne saurait justifier le statut de réfugié ou d’exilé politique : « Après, c’est l’intéressé qui dit : “Si je rentre, on va me questionner à la justice.” Eh bien oui ! Si la justice estime qu’on doit vous questionner, on vous questionnera. Même quand vous faites une connerie à l’étranger et que vous dites : “Si je rentre, on va m’arrêter”, cela ne vous donne pas le droit de vous dire en exil », a-t-il insisté, appelant à ne pas confondre fuite devant la justice et statut d’exilé.
Pour étayer ses propos, Ousmane Gaoual Diallo n’a pas hésité à convoquer son propre passé d’opposant politiques et ses démêlés antérieurs avec le pouvoir. Évoquant son retour au pays malgré les risques d’incarcération qui pesaient sur lui à l’époque, il a appelé les leaders d’opinion à assumer pleinement le prix de leurs convictions : « Je savais parfaitement qu’en rentrant en Guinée, il y avait un risque. Mais je ne suis pas resté à l’étranger, je suis rentré ici. J’ai été bien sûr arrêté, mais j’assumais mes propos et mon comportement. À l’époque, des centaines de personnes me disaient : “Ne rentre pas, on va t’arrêter.” Mais on ne peut pas tenir des discours depuis l’étranger et craindre de revenir dans son propre pays », a-t-il rappelé.
Établissant une distinction entre les infractions de droit commun et l’expression d’opinions politiques, le porte-parole du gouvernement a conclu en soulignant le devoir de responsabilité des figures publiques envers leurs militants : « La prison n’est pas réservée à une catégorie de personnes, elle est ouverte à tout le monde. Si vous avez des opinions, vous devez les assumer. Vous ne pouvez pas exprimer vos convictions, savoir que des citoyens vous suivent et s’exposent pour vous, pendant que vous-même vous vous mettez à l’abri à l’étranger », a tranché le ministre, invitant chacun à faire preuve de cohérence entre ses discours et ses actes.
Gnima Aïssata Kébé










