Ibrahima Kassory Fofana et Amadou Damaro Camara pourront finalement se rendre à l’étranger pour y recevoir des soins médicaux. Le procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), Alphonse Charles Wright, a requis ce jeudi 10 septembre 2026 la mise en œuvre de leur autorisation de sortie du territoire.
Selon une information rapportée par Monde Media, une réquisition signée par le procureur spécial a été adressée au commissaire spécial de l’aéroport international Ahmed Sékou Touré de Conakry ainsi qu’au directeur central de la police aux frontières. Les deux services sont invités à prendre les dispositions nécessaires afin de permettre aux anciens hauts responsables de quitter le pays pour des raisons médicales.
Poursuivi devant la CRIEF pour des faits présumés d’enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux, l’ancien Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana avait sollicité la levée de son interdiction de sortie du territoire. Condamné en appel, le 2 juillet 2026, à trois ans et neuf mois d’emprisonnement ainsi qu’à une amende de deux milliards de francs guinéens, il avait, par l’intermédiaire de ses avocats, invoqué son état de santé et la nécessité d’une prise en charge spécialisée à l’étranger.
Plusieurs documents médicaux auraient été produits à l’appui de cette demande, dont un rapport daté du 8 juin 2026. D’après les éléments rapportés par Monde Media, le parquet spécial estime désormais que le maintien de l’interdiction de sortie du territoire ne se justifie plus, celle-ci ayant notamment été instaurée pour prévenir un éventuel risque de fuite.
Pour Alphonse Charles Wright, le séjour médical à l’étranger ne serait pas de nature à entraver la poursuite de la procédure judiciaire ni l’exercice des voies de recours. Cette appréciation tiendrait notamment compte des garanties de représentation présentées par l’ancien Premier ministre.
La mesure concerne également Amadou Damaro Camara, ancien président de l’Assemblée nationale. Condamné en appel à trois ans et six mois d’emprisonnement et à une amende de 15 millions de francs guinéens, il avait lui aussi sollicité une autorisation de sortie du territoire en raison de son état de santé.
Dans sa requête, l’ancien parlementaire aurait fait valoir la nécessité de bénéficier de soins urgents dans des structures médicales spécialisées à l’étranger. Il se serait par ailleurs engagé à regagner la Guinée et à répondre aux convocations de la justice chaque fois que nécessaire.
Au regard des éléments versés au dossier, le parquet spécial a estimé la demande fondée et a instruit les services compétents de faciliter sa sortie du territoire, à l’instar de celle de Kassory Fofana.
Les deux anciens responsables peuvent ainsi se rendre à l’étranger pour des raisons médicales, sans que cette autorisation ne mette fin aux procédures judiciaires dont ils font toujours l’objet devant la CRIEF.

Le punch










