Installés depuis 1996 au carrefour Wasa-Wasa d’Enta, dans la commune de Tombolia, les vendeurs de bétail sollicitent un délai supplémentaire avant de quitter les lieux. Ils souhaitent attendre l’ouverture du site annoncé à Sonfonia pour poursuivre leurs activités dans de meilleures conditions.

Le bras de fer se poursuit entre les vendeurs de bétail du carrefour Wasa-Wasa d’Anta et les autorités communales de Tombolia. Dans la nuit du mercredi 28 au jeudi 29 octobre, des responsables de la mairie, accompagnés de la police communale, se sont rendus sur le site aux environs de 4 heures pour demander aux commerçants de libérer les lieux.

Face à cette décision, les vendeurs plaident pour une solution négociée. Ils affirment que des démarches sont en cours auprès du ministère de l’Élevage en vue de leur installation sur un nouveau site à Sonfonia, dont la date d’ouverture reste, selon eux, inconnue : « Le ministère de l’Élevage a fait beaucoup d’efforts pour nous, et cela mérite d’être salué. On nous a informés qu’un site était en cours d’aménagement à Sonfonia pour tous les vendeurs de bétail de Conakry, mais nous ne savons pas quand il sera disponible. C’est ce que nous attendons », explique Wessou Kaba, commerçant sur le site.
Il affirme que les vendeurs ont été reçus par les autorités communales et le département de tutelle afin d’exposer leurs préoccupations. Selon lui, le ministère leur aurait donné son accord pour rester provisoirement sur place jusqu’à la disponibilité du nouveau site.
Les commerçants évoquent également les difficultés liées à une éventuelle installation en bordure des rails. Ils estiment que cet emplacement ne leur permettrait ni de vendre convenablement leurs animaux ni d’assurer leur entretien : « Là où on nous demande de partir, en bordure des rails, nous ne pouvons pas exercer la vente. Nous ne pouvons même pas entretenir nos bétails, parce qu’il n’y a pas suffisamment d’espace. Nous demandons donc aux autorités de nous laisser ici jusqu’à l’ouverture du site de Sonfonia. Même si ce site est disponible aujourd’hui ou demain, nous partirons », insiste Wessou Kaba.
Pour Mohamed Bah, un départ immédiat aurait des conséquences économiques et sociales importantes. Il affirme que plus de 300 personnes tirent leurs revenus de cette activité et que certains jeunes diplômés s’y investissent faute d’autres possibilités d’emploi : « Depuis 1996, nous sommes installés ici. Nous sommes les premiers habitants de cet endroit. Même la gendarmerie qui est là, c’est nous qui lui avons donné de l’espace. Nous sommes nombreux ici, plus de 300 personnes. Même les jeunes qui ont terminé leurs études sont présents pour ne pas rester sans emploi. Chacun cherche son gagne-pain ici », témoigne-t-il.
Tout en reconnaissant l’autorité de la mairie, le commerçant assure que les vendeurs ne comptent pas s’opposer à la décision administrative. Leur démarche consiste plutôt à obtenir un délai leur permettant de préparer leur transfert vers Sonfonia : « Si la mairie décide que nous devons quitter les lieux, nous n’allons pas lui désobéir. Nul n’est habilité à affronter les autorités. Mais nous demandons pardon, pour l’amour de Dieu, aux autorités communales et au ministère de tutelle de nous permettre de rester ici provisoirement, en attendant la fin des travaux à Sonfonia », plaide-t-il.
Les vendeurs sollicitent également l’intervention du président de la République, Mamadi Doumbouya, pour faciliter un règlement de cette situation et éviter une interruption brutale de leurs activités.
Contactée par notre rédaction, la mairie de Tombolia n’a pas donné suite aux tentatives visant à recueillir sa version des faits.
Une autre source, qui a accepté de s’exprimer hors micro, soutient toutefois que les commerçants occupent illégalement le site et ne s’acquitteraient pas des taxes et redevances liées à leur activité. Cette situation justifierait, selon cette source, la volonté des autorités de les faire partir.
Les vendeurs contestent catégoriquement ces accusations. Ils affirment disposer de documents justifiant leur présence sur les lieux depuis trois décennies.
Par ailleurs, selon les commerçants, le projet envisagé sur le site actuel prévoit la construction d’une boucherie moderne d’une superficie de 1 000 mètres carrés, alors que l’espace disponible serait inférieur à 500 mètres carrés.
En attendant une clarification officielle des autorités communales et la finalisation des aménagements à Sonfonia, les vendeurs maintiennent leur demande : obtenir un sursis pour continuer à travailler jusqu’à ce qu’une solution de relogement soit effectivement disponible.
Gnima Aïssata Kébé










