L’université ne devrait pas seulement être un lieu où l’on acquiert des connaissances dans l’objectif d’obtenir un diplôme et de rechercher ensuite un emploi. Elle devrait également être un espace où les jeunes apprennent à réfléchir, à innover, à identifier les opportunités et à transformer leurs idées en projets capables de créer de la valeur. Dans un contexte où le marché de l’emploi ne peut pas absorber tous les diplômés, il devient nécessaire de nous interroger sur le rôle de l’université dans la préparation de notre jeunesse : devons-nous continuer principalement à former des demandeurs d’emploi, ou devons-nous aussi encourager et accompagner ceux qui souhaitent devenir des créateurs d’entreprises et d’emplois ?
Il s’agit simplement de quelques remarques sur l’état de notre économie et sur la manière dont nous préparons notre jeunesse à l’avenir.
Si l’on demandait à des académiciens qui font des études comparatives entre différents pays quelle est la différence fondamentale entre les études universitaires et l’après-université, notamment dans le cas des États-Unis, ils pourraient relever un élément important : aux États-Unis, les études sont généralement beaucoup plus orientées vers le développement du secteur privé et l’entrepreneuriat.
Beaucoup d’étudiants américains ne pensent pas uniquement à obtenir un diplôme et à chercher ensuite un emploi. Pendant leurs études, certains réfléchissent déjà à la manière de financer leur projet, aux idées qu’ils pourraient développer et aux camarades avec lesquels ils étudient, qui pourraient devenir demain leurs associés ou leurs partenaires dans une entreprise.
Ainsi, dès la fin de leurs études, certains ont déjà une idée précise, un projet ou même un début d’entreprise. Ceux qui ont la chance d’avoir des parents capables de les soutenir financièrement peuvent bénéficier de cet accompagnement pour lancer leur activité.
Et même dans les familles très riches, certains jeunes ne se contentent pas de reprendre les activités de leurs parents. Ils souhaitent créer leur propre entreprise, développer leurs propres idées et, parfois, faire mieux que la génération précédente.
Dans beaucoup de pays en développement, la situation est différente. Pour une grande partie de nos jeunes, la principale perspective après les études reste de trouver un emploi dans la fonction publique. Le rêve est souvent de devenir fonctionnaire et de vivre avec un salaire.
C’est pourquoi je pense que le changement doit commencer beaucoup plus tôt. Dès l’université, nous devons aider les jeunes à réfléchir à leur avenir, à développer leurs idées, à identifier les opportunités et à se préparer à créer de la valeur. Celui qui souhaite intégrer la fonction publique et servir son pays de cette manière doit naturellement pouvoir réaliser son projet. Mais celui qui souhaite créer son entreprise doit également être encouragé et accompagné. Car lorsqu’un jeune crée une entreprise qui réussit, il ne s’enrichit pas seulement lui-même. Il peut également créer des emplois, former d’autres jeunes, développer de nouvelles activités économiques et contribuer ainsi à la richesse de tout le pays.
La question n’est donc pas de dire qu’il faut abandonner la fonction publique au profit du secteur privé. Il s’agit plutôt de donner à notre jeunesse plusieurs perspectives d’avenir, en développant à la fois l’éducation, l’entrepreneuriat et la culture de la création de valeur.
C’est ainsi que nous pourrons progressivement transformer notre économie et donner à notre jeunesse les moyens de participer pleinement au développement de notre pays.
Ibrahima Manda Doukoure










