La 10ᵉ législature de la République de Guinée a officiellement fait son entrée dans la vie parlementaire ce lundi 5 octobre. La cérémonie de rentrée a mobilisé d’importantes personnalités, parmi lesquelles le Premier ministre, chef du gouvernement, Bah Oury, accompagné de plusieurs membres du gouvernement, ainsi que des préfets et maires venus des différentes circonscriptions du pays.
Pour le président de l’Assemblée nationale, cette nouvelle étape ne doit toutefois pas se limiter à une cérémonie protocolaire. Elle doit surtout marquer le début d’un travail parlementaire placé sous le signe de la responsabilité, de la rigueur et de l’efficacité : « Aujourd’hui, le 5 octobre 2026, la 10e législature de la République entre dans l’histoire. Non plus par sa naissance, mais par l’œuvre qu’elle est amenée à réaliser dans le temps », a déclaré Dr Dansa Kourouma à l’ouverture de la session.
Dans son discours, le président de l’Assemblée nationale a insisté sur la nécessité pour les institutions de répondre concrètement aux attentes des citoyens. Pour lui, la valeur d’une législature ne se mesure pas uniquement à ses discours ou aux dates qui marquent son existence, mais aux résultats qu’elle produit : « L’histoire ne retient pas seulement les dates. Elle retient les actes. Elle mesure les institutions à leur capacité à transformer la confiance des citoyens en résultat, les engagements en réalisations tangibles et les ambitions nationales en progrès concret », a-t-il souligné.
Cette exigence constitue le principal défi de la nouvelle Assemblée nationale : transformer le mandat confié par les électeurs en actions concrètes et en lois répondant aux besoins du pays : « C’est pourquoi cette rentrée parlementaire doit être pour chacun d’entre nous moins un moment de célébration qu’un moment de responsabilité devant l’histoire », a insisté le président de l’institution parlementaire.
Dr Dansa Kourouma a également placé le peuple au centre de la mission des nouveaux députés. Il a salué la patience et la maturité des Guinéens tout au long du processus ayant conduit au retour à l’ordre constitutionnel : « Je voudrais avant toute chose rendre hommage à ce peuple, à sa patience, à sa maturité et à sa foi inébranlable en la Guinée. C’est de lui que nous tenons notre mandat. C’est devant lui que nous rendons compte », a-t-il déclaré.
Le président de l’Assemblée nationale a également rendu hommage au Conseil national de la transition pour le travail accompli au cours de la période précédente : « Les conseils nationaux ont maintenu vivante la flamme parlementaire. Ils ont légiféré. Ils ont débattu. Ils ont ouvert les chantiers majeurs dont nous héritons aujourd’hui. La continuité de l’État, c’est aussi une continuité institutionnelle », a-t-il rappelé.
À l’ouverture de cette nouvelle législature, le discours présidentiel met donc l’accent sur la nécessité de bâtir des institutions capables de produire des résultats durables : « Mais aucune œuvre publique ne se mesure à son commencement. Elle se juge à ce qu’elle laisse derrière elle », a déclaré Dr Dansa Kourouma.
Il a invité les députés à inscrire leur action dans la durée et à privilégier l’intérêt de la nation : « Notre génération ne sera pas jugée à l’éclat de ses discours, ni à la grandeur de ses cérémonies, mais à la solidité de ses institutions, à la portée de ses actes et à ce qu’elle aura transmis à la jeunesse », a-t-il ajouté.
Cette vision impose, selon lui, une nouvelle culture parlementaire fondée sur l’engagement, la rigueur et l’exemplarité : « Cette culture de l’engagement, de la rigueur et de l’exemplarité doit également inspirer notre action parlementaire. Car c’est ici, dans cet hémicycle, au cœur même de la représentation nationale, que nous devons désormais traduire cette exigence en actes », a-t-il martelé.
La rentrée parlementaire a également été marquée par la présence de plusieurs délégations venues de pays africains, notamment du Mali, de la Guinée-Bissau, de la Côte d’Ivoire, de la Sierra Leone, du Sénégal, du Togo, du Gabon et du Liberia, ainsi que d’une délégation parlementaire de la CEDEAO.
Cette dimension régionale doit se poursuivre avec une deuxième journée consacrée aux échanges entre parlementaires africains. L’objectif annoncé est de favoriser le partage d’expériences et de renforcer la coopération entre les différentes institutions : « C’est dans cet esprit que nous avons souhaité que la deuxième journée de cette rentrée soit un espace d’échange entre parlementaires africains, afin que nos expériences se croisent et que nos institutions grandissent ensemble », a expliqué Dr Dansa Kourouma.
Gnima Aïssata Kébé










