Le président de la Haute Autorité de la Communication (HAC), Boubacar Yacine Diallo, a animé ce vendredi 28 août 2026 une rencontre avec les hommes et femmes de médias, à l’occasion de la présentation du rapport de l’institution sur la couverture médiatique des élections. Au cours de cette rencontre, plusieurs questions liées à l’assainissement du secteur et à la professionnalisation des médias ont également été abordées.
Le président de la HAC a notamment évoqué le phénomène de la multiplication des médias, particulièrement des Web TV, et les mesures engagées pour mieux encadrer leur fonctionnement : « Il y a quelque temps, on aurait eu peut-être quatre fois ça. Mais l’assainissement et la sensibilisation ont permis de réduire le phénomène. Nous sensibilisons ceux qui veulent créer et qui ne savent pas comment le faire », a expliqué Boubacar Yacine Diallo.
Selon lui, la HAC a engagé un travail de recensement et d’accompagnement des promoteurs de médias afin de les aider à se conformer aux exigences légales : « Je prends le gars de celui qui a parlé. Il est le président de l’association des Web TV. Au départ, ils étaient une quarantaine ou une cinquantaine. Ils ont créé à l’emporte-pièce. Nous les avons appelés, on a discuté, on leur a montré le modèle togolais. Il a dit vraiment, aidez-nous pour nous mettre en règle. Ils ont fait la police eux-mêmes. Il y a 50 Web TV là qui existent encore. Elles se sont recyclées en des cycles normaux en attendant. Donc voilà, si chacun de vous contribue, rien qu’avec leur association, on a maîtrisé 50 Web TV », a-t-il indiqué.
La HAC entend également disposer d’une cartographie plus précise des acteurs du secteur à travers un recensement national : « À l’intérieur, nous avons donné instruction à nos superviseurs de recenser tous ceux qui disent qu’ils sont patrons. Tous sans exception, agréés ou pas. Ce travail a été fait. Vous verrez des villes où vous avez 60 organes, une petite ville : 60 organes. Ce que nous envisageons, c’est de les mettre dans une plate-forme, échanger avec eux, leur donner les lois, les aider à créer pour ceux qui peuvent.Nous avons aujourd’hui la physionomie de tout ce qui prétendent être patrons de médias sur l’ensemble du territoire », a-t-il expliqué.
Pour le président de la HAC, l’assainissement doit nécessairement s’accompagner de sensibilisation afin d’éviter les tensions avec les acteurs du secteur: « L’assainissement s’accompagne de sensibilisation. Parce que si vous n’utilisez que la force, il y aura la résistance. Mais si vous sensibilisez, moi vraiment, je n’ai plus de problème avec les jeunes entrepreneurs parce qu’ils comprennent et j’apprécie ça. Donc l’assainissement et vous verrez, on a assaini les rangs des journalistes. Ce que nous n’avons pas pu, c’est assainir les rangs des médias. La preuve, voilà, 143 en quelques mois », a ajouté le président de la HAC.
Boubacar Yacine Diallo est également revenu sur la délivrance des cartes de presse, dont la gratuité a été décidée par la HAC : « Puisque nous avons rendu la carte gratuite, ce n’est qu’en Guinée où elle est gratuite. Même dans la loi, la loi sur la HAC, il est dit que les frais administratifs doivent être acquittés. La HAC doit fixer un montant. Avant notre arrivée, elle coûtait 100 000. Mais on a vu que les journalistes qui ne sont pas bien payés et parfois qui ne sont même pas payés ne pouvaient pas payer 100 000 pour avoir la carte. Nous l’avons rendue gratuite », a-t-il expliqué.
D’après les chiffres communiqués au cours de la rencontre, 1 665 cartes de presse ont été distribuées depuis le début de la campagne en 2025, avec une forte concentration à Conakry.
À travers le recensement des médias, la sensibilisation des promoteurs et la facilitation de l’accès à la carte de presse, la HAC entend ainsi poursuivre son processus d’assainissement et de professionnalisation du paysage médiatique guinéen.
Gnima Aïssata Kébé










