Le ministre du Plan et de la Coopération internationale, Ismaël Nabé, accompagné de son homologue de l’Urbanisme, de l’Habitat et de l’Aménagement du territoire, a présidé ce vendredi 28 août 2026 la cérémonie officielle de lancement de la campagne de sensibilisation des entrepreneurs et des élus locaux autour du premier Recensement général des entreprises (RGE-1). Organisée par l’Institut national de la statistique, cette campagne est placée sous le slogan : « RGE-1, chaque entreprise compte, chaque information est utile ». Elle vise à mobiliser l’ensemble des acteurs économiques et des collectivités locales autour de cette opération destinée à mieux connaître le tissu économique guinéen.
Prenant la parole, le ministre du Plan et de la Coopération internationale a souligné l’importance stratégique de cette initiative pour la planification et le développement économique du pays : « C’est avec un réel plaisir que je prends la parole devant vous à l’occasion de cette importante rencontre consacrée au lancement de la campagne d’information et de sensibilisation du premier recensement général des entreprises de la République de Guinée, dénommé RGE-1. Aujourd’hui, nous ne nous sommes pas simplement réunis pour parler de statistiques. Nous sommes réunis pour parler de notre économie, de nos entrepreneurs, de nos artisans, de nos commerçants, de nos travailleurs et, au fond, de la capacité de notre nation à connaître et à comprendre, mais surtout à transformer son économie », a-t-il déclaré.
Pour Ismaël Nabé, le RGE-1 constitue un outil essentiel dans la mise en œuvre de la vision de développement portée par le programme Simandou 2040 : « Simandou 2040 porte une conviction fondamentale. La transformation d’une nation ne peut pas être conduite à l’aveugle. Elle exige une vision, elle exige des instruments forts, elle exige des investissements massifs, mais elle exige surtout une chose sans laquelle tout le reste perd sa portée : la connaissance précise de notre réalité nationale », a-t-il expliqué.
Le ministre a établi un parallèle entre le quatrième Recensement général de la population et de l’habitation (RGPH-4), consacré au capital humain, et le RGE-1, qui doit permettre de dresser une cartographie du potentiel économique du pays : « Le RGPH-4 nous a donné la photographie de notre capital humain. Aujourd’hui, chers amis, nous allons franchir une nouvelle étape. Le RGE-1 nous donnera la photographie de notre capital économique. Le RGPH-4 nous a appris à mieux connaître qui nous sommes, où nous vivons et comment notre population évolue. Le RGE-1 nous permettra de savoir qui produit, où l’on produit, dans quel secteur, avec combien d’emplois, avec quelle capacité économique et dans quelles conditions », a-t-il indiqué.
Selon lui, cette opération doit permettre de corriger l’insuffisance de données fiables et actualisées sur le tissu économique national, une situation qui complique la conception des politiques publiques, le ciblage des investissements et l’accompagnement du secteur privé : « Nous ne disposons pas encore d’une connaissance suffisamment exhaustive et actualisée de notre tissu économique. Même si on veut collaborer avec des partenaires étrangers, si on n’a pas d’informations fiables, leur intervention est limitée. Désormais, avec ce processus, on aura une cartographie globale qui va nous permettre de mieux collaborer avec nos partenaires un peu partout dans le monde », a-t-il affirmé.
Le RGE-1 ambitionne ainsi de recenser et de géolocaliser les entreprises disposant d’un local fixe sur l’ensemble du territoire national, aussi bien en milieu urbain que rural. L’opération couvrira notamment les sociétés, les entreprises individuelles, les unités de production formelles et informelles ainsi que les institutions sans but lucratif : « Personne ne doit rester en dehors de cette photographie de notre économie. Car l’économie réelle de la Guinée ne se limite pas à quelques grandes entreprises. Elle est surtout faite de nos PME, de nos TPE, de nos artisans, de nos commerçants, de nos marchés, de nos jeunes entrepreneurs et de cette formidable économie informelle qui constitue une composante essentielle de notre tissu collectif », a insisté le ministre.
Au-delà du recensement, l’objectif est de produire des données permettant notamment de mesurer l’emploi, l’activité économique, le chiffre d’affaires, le climat des affaires et les caractéristiques des différentes unités économiques. Ces informations devraient également contribuer à l’amélioration des comptes nationaux et au rebasage du Produit intérieur brut (PIB).
Ismaël Nabé a également tenu à rassurer les entrepreneurs sur la finalité de l’opération : « Le RGE-1 n’est pas un instrument de contrôle, chers amis. Je reprends cela : ce n’est pas un instrument de contrôle. Il est un instrument de connaissance, un instrument de planification, un instrument d’accompagnement. Il ne s’agit pas de venir juger les entreprises, il s’agit de mieux comprendre notre économie pour mieux la soutenir », a-t-il martelé.
Il a, par ailleurs, appelé à une mobilisation des chambres consulaires, organisations professionnelles, collectivités locales, chefs de quartier et acteurs économiques afin d’assurer la réussite de l’opération : « Faisons du RGE-1 une opération nationale, collective et citoyenne », a-t-il lancé.
Pour le ministre, les données recueillies devront surtout permettre à l’État de prendre des décisions mieux ciblées en matière d’infrastructures, de formation professionnelle, d’investissement et de développement industriel : « Voilà la véritable finalité du RGE-1 : transformer la donnée en décision et la décision en développement », a-t-il souligné.
En conclusion, Ismaël Nabé a rappelé le rôle central des statistiques dans la planification nationale : « On ne peut pas faire l’évaluation de notre Produit intérieur brut, le rebasage, sans les comptes nationaux. On ne peut pas avoir les comptes nationaux sans les statistiques. J’aime le dire souvent : un pays sans données, c’est un pays sans planification. Un pays sans planification, pas de développement. »
Il a enfin appelé les maires et les différents responsables locaux à accompagner pleinement le processus, présenté comme une étape historique dans la connaissance de l’économie guinéenne et un outil devant contribuer à la mise en œuvre des ambitions de Simandou 2040.
Gnima Aïssata Kébé










