Le porte-parole du gouvernement, également ministre des Transports, Ousmane Gaoual Diallo, a réagi à la recrudescence des violences sexuelles commises sur des mineurs en Guinée, lors de la conférence de presse qu’il a animée ce lundi 27 juillet 2027. Ému par une récente affaire largement relayée sur les réseaux sociaux, il a dénoncé un phénomène qu’il qualifie de « dramatique » et appelé à une mobilisation de toute la société.

Revenant sur cette affaire, le ministre a expliqué avoir lui-même été confronté à la diffusion des images de la victime : « Ce problème que nous avons pour certaines d’entre eux, moi-même, j’étais comme souvent ça arrive, ça m’a amené à quitter mon compte Facebook là parce que tu reçois des images. C’est lui qui m’a partagé la vidéo, je l’ai amené au procureur général, j’ai partagé avec les autorités judiciaires. Mais en fait, à retour, j’ai vu le procureur de Kankan qui m’a dit qu’il y a déjà une instruction qui est en cours sur cette affaire-là. »
Ousmane Gaoual Diallo a également rappelé le déplacement de la ministre de la Promotion féminine auprès de la victime et s’est dit profondément marqué par les images de cette agression : « C’est dramatique, moi, j’ai vu les images. Je crois même pas que les enfants là réalisent ce qu’ils sont en train de faire, un crime qui va finir leur vie en prison.Notre pays a perdu sa conscience. »
Le porte-parole du gouvernement a insisté sur la nécessité d’engager une réflexion collective face à ces actes, en interrogeant notamment les responsabilités des familles, de l’État et de la société : « Quelle est la responsabilité des parents dans ça ? Quelle est la responsabilité de la société dans sa vie ? Quelle est la responsabilité de l’État dans ça ? C’est quand même extrêmement grave. »
Évoquant la victime, il a salué son courage tout en appelant à sa protection : « La jeune fille, elle se bat avec beaucoup de dignité.C’est elle qui a besoin de protection, c’est elle qui a besoin de grandir. C’est elle qui doit lever la tête. »
Le ministre a par ailleurs dénoncé la banalisation des violences sexuelles et la complaisance qui, selon lui, favorisent leur persistance : « Il faut qu’on considère ça comme le plus pire des crimes qu’on peut faire vivre à un être humain. Ce n’efface pas seulement une conscience, ça imprime une image abjecte dans sa conscience qui ne s’effacera jamais. »
Il a également appelé les médias, les internautes et l’ensemble de la population à faire preuve de responsabilité en cessant de partager les images des victimes. « En partageant, au lieu d’aider la victime, on l’expose, on l’humilie, on contribue à la détruire. (…) Moi, j’ai supprimé tous mes comptes Facebook. J’ai demandé à mes enfants de faire autant. »
Enfin, Ousmane Gaoual Diallo a encouragé les autorités judiciaires à poursuivre les investigations et plaidé pour un vaste travail de sensibilisation afin de prévenir ces violences, tout en élargissant le débat à d’autres pratiques comme les mariages précoces : « J’encourage les autorités judiciaires à évaluer ce cas. À nous tous de contribuer, par la sensibilisation, à réduire ce phénomène. Il y a beaucoup de choses à corriger dans notre société et je vous invite à faire vraiment un sujet important. Votre rôle est déterminant dans ce cadre-là aussi. »
Gnima Aïssata Kébé










