La Directrice générale des élections (DGE) a animé une conférence de presse ce jeudi 30 avril 2026 au siège de l’institution pour apporter des clarifications sur plusieurs points liés à l’organisation des prochaines élections, alors que certaines formations politiques dénoncent des irrégularités dans le processus électoral.
« Il n’était pas question de répondre au courrier, mais d’apporter des clarifications tout en restant dans le cadre légal. Il faut rétablir les faits et comprendre ce qui s’est réellement passé », a-t-elle déclaré.
Revenant sur le calendrier du dépôt des candidatures, elle a expliqué que la date initialement prévue pour la clôture était fixée au 29 mars, mais qu’un report jusqu’au 3 avril a été accordé à la demande de plusieurs acteurs politiques : « Seule l’UDG avait déposé sa candidature à la date du 29. Si nous nous étions limités à cette date, elle aurait été la seule en lice. Nous avons prorogé jusqu’au 3 avril à la demande de certains leaders politiques, notamment Dr Lansana Faya Milimono et Yéro Baldé », a-t-elle précisé.
Selon la Directrice générale, la majorité des dossiers ont été déposés à la dernière minute, certains même sans preuve de paiement de la caution électorale, pourtant exigée par la loi : « Beaucoup ont déposé sans caution. Pourtant, le code est clair : la caution doit être payée à J-55. Mais nous avons analysé les demandes reçues et tenté de réajuster dans l’intérêt de tous », a-t-elle indiqué.
La responsable de la DGE affirme également avoir rejeté des demandes de dérogation formulées par certains candidats en retard de paiement, estimant qu’une telle décision aurait créé une inégalité de traitement : « Je ne ferais pas de dérogation. Si je le faisais, ceux qui ont respecté les délais seraient les premiers à protester », a-t-elle martelé.
Sur la question de la fixation des cautions, point central des critiques, la Directrice générale a invoqué les dispositions légales encadrant le travail de la commission financière, tout en reconnaissant que certains représentants de candidats n’ont pas été associés. Elle a cependant justifié cette situation par des contraintes pratiques et temporelles : « Il fallait travailler dans un délai très court, avec un nombre important de dossiers. La commission fait une proposition, mais c’est l’organe de gestion qui fixe, réduit ou augmente le montant de la caution », a-t-elle expliqué.
Comparant avec les élections législatives de 2020, elle a rappelé que les montants des cautions avaient déjà été élevés à cette époque : « En 2020, la commission avait proposé 500 millions et la CENI avait fixé 200 millions pour la liste nationale. Dire aujourd’hui que les cautions sont fixées comme si les candidats étaient des narcos, c’est frustrant. Ce n’est pas respectueux », a-t-elle dénoncé.
Gnima Aïssata Kébé










