Le ministère de la Modernisation de l’Administration et de la Fonction publique veut adapter les règles de gestion des carrières aux mutations de l’administration guinéenne. Un atelier consacré à la révision de plusieurs statuts particuliers a été ouvert ce mercredi 7 octobre 2026, sous la présidence du ministre Faya François Bourouno.

Les travaux portent sur les corps des greffiers, de l’éducation, de la santé et des administrateurs territoriaux. Il s’agit de revoir des textes devenus, pour certains, inadaptés aux évolutions des métiers, des compétences et des missions de l’État.
Pour le conseiller juridique Yamoussa Nana Camara, cette démarche répond à un besoin de mise à jour du cadre réglementaire :

« La tenue du présent atelier répond à la nécessité de disposer des statuts particuliers adaptés aux réalités actuelles de notre administration publique », a-t-il déclaré.
Ces textes déterminent notamment les conditions de recrutement, les règles de carrière, les fonctions accessibles ainsi que les droits et obligations des agents publics. Leur révision doit également permettre d’assurer leur cohérence avec le statut général des agents de l’État et les autres dispositions législatives et réglementaires : « L’enjeu est donc de parvenir à un juste équilibre entre l’harmonisation nécessaire du cadre de gestion de la fonction publique et la préservation des spécificités de chaque corps », a expliqué Yamoussa Nana Camara.
De son côté, Faya François Bourouno a mis en avant la nécessité de mieux prendre en compte les réalités professionnelles des différents agents. Il a notamment cité certains métiers qui ne disposent pas encore, selon lui, d’un cadre statutaire suffisamment adapté :

« Je pense aujourd’hui à des corps dont on n’a pas de statut, ici les secrétaires qui travaillent aujourd’hui dans des conditions difficiles. Les greffiers, qui sont des fonctionnaires aussi, à adapter leur mode de fonctionnement», a-t-il souligné.
Au-delà de la révision des textes, le département entend faire évoluer le système d’évaluation des agents. Faya Bourouno souhaite que l’évolution de carrière repose davantage sur le rendement et les compétences effectivement mobilisées dans l’exercice des fonctions : « À partir de l’année prochaine, on commence à évaluer le rendement de chaque agent à son poste et que les conditions d’avancement tiennent compte du rendement et non simplement du diplôme », a-t-il annoncé.
Cette orientation s’accompagne d’une actualisation du répertoire des emplois, des métiers et des compétences de la Fonction publique. Le ministre estime que l’ancien référentiel, qui remontait aux années 1960, ne correspondait plus à l’évolution de l’administration : « Les nouveaux métiers sont intégrés dans le nouveau répertoire. Les nouvelles compétences sont intégrées dedans », a-t-il précisé.
Faya Bourouno a par ailleurs fixé trois principales exigences pour cette réforme : le respect du cadre juridique, l’équité entre les différents corps et la recherche de performance : « La troisième exigence, c’est l’exigence de la performance parce qu’il faut que les statuts constituent de véritables instruments de gestion et de valorisation des compétences dans nos différentes administrations », a-t-il insisté.
À terme, cette réforme doit permettre de disposer de statuts actualisés, harmonisés et davantage adaptés aux réalités professionnelles des agents publics. Elle s’inscrit, selon le ministre, dans la transformation de l’administration et les objectifs de modernisation portés par le programme Simandou 2040 : « Notre ambition, vous le savez tous, c’est de construire une fonction publique équitable, professionnelle, attractive et davantage orientée vers la performance et la qualité de service public », a conclu Faya François Bourouno.
Gnima Aïssata Kébé










