À peine installé à la tête du ministère de l’Industrie et du Commerce, Aboubacar Kourouma a donné le ton. Le nouveau ministre a appelé à une gouvernance fondée sur la responsabilité, le dialogue et les résultats, tout en faisant de Simandou 2040, de la transformation locale et de la digitalisation des services, les principaux leviers de son action.
Dans son discours de prise de fonction, le nouveau ministre a affirmé sa volonté de travailler en étroite collaboration avec les cadres de son département plutôt que d’imposer une gouvernance verticale : « Je ne me présente pas ici comme un chef qui arrive avec des solutions toutes faites, mais comme un serviteur public, un capitaine d’équipe qui aura besoin de l’intelligence collective et de l’engagement de chacune et chacun d’entre vous. »
Aboubacar Kourouma a ensuite décliné les quatre priorités qui guideront son action, conformément à la lettre de mission du Premier ministre. Il a d’abord cité des projets liés au programme Simandou 2040, avant d’évoquer la transformation locale des ressources, l’organisation et la régulation des marchés, ainsi que l’amélioration du climat des affaires et le renforcement des petites et moyennes entreprises : « Les méga-projets stratégiques, et les infrastructures qui les accompagnent doivent renforcer durablement nos capacités de production, de stockage et de circulation des biens. La Guinée doit tirer davantage de valeur de ce qu’elle produit en développant un tissu industriel, plus solide et plus compétitif. »
Le ministre a insisté sur la nécessité de promouvoir la transformation locale des matières premières afin de créer davantage de richesses et d’emplois : « Pour l’industrie, la priorité ne sera plus seulement l’extraction, mais la transformation locale. Nous devons faire en sorte que notre bauxite soit transformée en alumine et en aluminium ici, que nos fruits deviennent des jus et des fruits séchés et que nos anacardes soient décortiquées sur place. »
S’adressant aux acteurs économiques, il a plaidé pour un partenariat fondé sur le dialogue, tout en réaffirmant son attachement à la souveraineté économique nationale: « Le dialogue sera au cœur de notre démarche. Je m’engage à être un interlocuteur à l’écoute des organisations patronales, des chambres consulaires, des PME, des commerçants et des artisans. Je veux un secteur privé national fort, car il n’y a pas de souveraineté politique sans souveraineté économique. »
Concernant le commerce, Aboubacar Kourouma a promis une lutte sans concession contre les produits non conformes, et les pratiques qui menacent la santé des consommateurs : « La Guinée ne sera pas la poubelle du monde. Nous n’accepterons plus que des produits périmés, avariés ou ne respectant pas les normes internationales, de sécurité, se retrouvent sur nos étals. Le contrôle de la qualité des marchandises sera mené avec la plus grande rigueur. »
Le nouveau ministre a également présenté le programme Simandou 2040 comme un levier majeur de développement industriel et économique : « Simandou 2040 n’est pas un simple projet minier. C’est le plus grand projet minier de l’histoire de la Guinée et un puissant moteur de transformation nationale. Notre devoir est de faire en sorte que chaque tonne de minerai exportée profite au développement de nos PME, au transfert de compétences et à l’émergence de champions nationaux. »
Dans cette dynamique, il a annoncé une profonde modernisation de l’administration à travers la digitalisation des services afin de réduire les lourdeurs administratives et de renforcer la transparence : « Le papier et les contacts physiques ne doivent plus être des instruments de corruption, ou un prétexte aux tracasseries administratives. Nous allons créer un espace numérique du commerce et de l’industrie, permettant aux opérateurs économiques d’effectuer leurs démarches en ligne, de manière fluide et transparente. »
Le ministre a également appelé les agents de son département à faire preuve de rigueur, d’intégrité et d’esprit de responsabilité dans l’exercice de leurs fonctions : « Je n’accepterai ni le clientélisme ni le clanisme. La réussite de Simandou 2040 et la construction de notre souveraineté industrielle exigent une administration exemplaire. Je vous offre mon engagement total, mon respect et ma loyauté. En retour, j’attends de vous le sens du devoir, la ponctualité et l’amour de la patrie. »
En conclusion, Aboubacar Kourouma a réaffirmé son ambition de faire du ministère de l’Industrie et du Commerce un moteur de l’émergence économique du pays, tout en renouvelant son engagement envers le chef de l’État : « Réinventons ensemble ce ministère pour en faire le moteur de l’émergence économique de la Guinée. Rêvons d’une Guinée qui ne se contente pas d’exporter ses minerais, mais qui transforme, innove et exporte des produits labellisés “Origine Guinée”. Je prends aujourd’hui mes fonctions avec la volonté de servir et de rassembler. Je réitère ma loyauté indéfectible au chef de l’État, le président Mamadi Doumbouya. »
Gnima Aïssata Kébé










