Les fortes pluies enregistrées dans la nuit du jeudi 11 au vendredi 12 juin 2026 à Conakry ont laissé derrière elles un lourd bilan au marché de Sonfonia Gare. Plusieurs boutiques et étals ont été envahis par les eaux, provoquant la détérioration de nombreuses marchandises et occasionnant des pertes considérables pour les commerçants.

Au lendemain de cette inondation, les victimes tentaient encore de sauver ce qui pouvait l’être. Entre nettoyage des boutiques et évaluation des dégâts, l’inquiétude était palpable parmi les vendeurs.
Parmi les sinistrés figure Halimatou Diallo, commerçante spécialisée dans la vente de vêtements pour enfants. Visiblement affectée par la situation, elle dénonce la récurrence de ces inondations : « Nous sommes vraiment fatigués de cette situation. Wallahi Billahi, nous sommes à bout. Regardez autour de vous, c’est la deuxième fois que nous vivons une telle situation ici au marché de Sonfonia Gare. Toute la nuit, l’eau est entrée partout. Nos marchandises ont été trempées, nos boutiques ont été envahies. Nous avons passé des heures à balayer et à essayer de sauver ce qui pouvait l’être, mais malheureusement beaucoup de choses sont perdues. Ce que vous voyez aujourd’hui n’est pas normal. Nous travaillons dur pour nourrir nos familles et à chaque pluie nous sommes confrontés aux mêmes difficultés. Nous demandons de l’aide aux autorités parce que nous ne pouvons plus continuer comme ça », a-t-elle confié.

Selon cette commerçante, l’état des infrastructures de drainage constitue l’une des principales causes de ces inondations répétitives : « Regardez derrière vous, les caniveaux sont complètement bouchés. L’eau ne peut plus circuler normalement. À cela s’ajoutent les boutiques et les installations qui empêchent l’écoulement des eaux. Chaque fois qu’il pleut abondamment, le marché se transforme en rivière. Aujourd’hui, nous avons perdu plusieurs millions de francs guinéens. Les habits des enfants, les pagnes et beaucoup d’autres marchandises ont été gâtés. Nous sommes découragés. Nous lançons un appel aux autorités afin qu’elles viennent constater les dégâts et nous aider à trouver une solution durable », a-t-elle ajouté.
De son côté, Ibrahima Sory Bangoura, comptable du marché, attribue cette situation à l’accumulation des déchets dans les ouvrages d’évacuation des eaux pluviales : « Il existe un grand fossé qui traverse cette partie de la route du Prince et qui draine les eaux venant des quartiers situés en amont. Malheureusement, dès qu’il pleut, les ordures transportées par les eaux viennent s’accumuler ici. Personne ne s’attendait à un tel débordement. Les déchets finissent par obstruer les passages d’eau, ce qui provoque automatiquement des inondations. C’est un phénomène qui mérite une attention particulière parce qu’il menace non seulement les activités commerciales, mais également les bâtiments environnants », a-t-il expliqué.
Le responsable souligne également que certaines installations commerciales contribuent à ralentir l’écoulement des eaux : « Beaucoup de femmes commerçantes se sont installées dans ces endroits parce qu’elles craignent le déguerpissement et manquent d’espaces adaptés pour exercer leurs activités. Cependant, lorsque les tables et les étalages sont placés à proximité des caniveaux, ils retiennent les déchets transportés par l’eau. Dès que les ordures s’accumulent, l’écoulement est bloqué. L’eau déborde alors rapidement et envahit les bâtiments ainsi que les espaces de vente. C’est ce qui s’est produit cette nuit », a-t-il indiqué.
Face à l’ampleur des dommages constatés, le comptable du marché assure que des démarches seront entreprises afin de prévenir de nouvelles inondations : « C’est la deuxième fois que de fortes pluies provoquent ce genre de dégâts. Cette fois-ci, les pertes sont importantes et nous sommes obligés de réagir. Je suis venu personnellement sur le terrain pour constater la situation et échanger avec les victimes. Nous allons travailler avec les autorités compétentes et les responsables concernés afin de trouver une solution propre et durable. Notre objectif est de faire en sorte que ce problème ne se reproduise plus lors des prochaines pluies », a assuré Ibrahima Sory Bangoura.
Gnima Aïssata Kébé










