Réuni en Assemblée générale extraordinaire ce lundi 7 juillet 2025 à la Cour d’appel de Conakry, le Barreau de Guinée a décidé de reconduire pour deux semaines supplémentaires son boycott des audiences judiciaires et de toute collaboration avec les officiers de police judiciaire. Cette décision fait suite à l’enlèvement et aux violences subies par l’avocat Me Mohamed Traoré, un incident que la profession considère comme une atteinte grave à l’intégrité et à la sécurité de ses membres dans l’exercice de leurs fonctions.

« Ce que nous défendons, ce n’est pas seulement le cas de Me Mohamed, mais la sécurité de tous les avocats dans l’exercice de leur profession », a déclaré Me Moussa Diallo, avocat au Barreau de Guinée. Il rappelle que cette action vise à dénoncer un climat d’insécurité inacceptable pour les auxiliaires de justice, et à obtenir des garanties concrètes de la part des autorités.
Depuis le lancement de ce mouvement le 24 juin dernier, plusieurs actions ont été entreprises par l’Ordre des avocats : dépôt d’une plainte au nom de Me Traoré, retrait des représentants du Barreau des instances de la transition, et élaboration d’un mémorandum adressé au président de la République. Ce document, selon Me Diallo, devait être remis en main propre, ce qui ne s’est pas encore concrétisé.
Malgré une rencontre avec le Premier ministre et plusieurs hauts responsables du système judiciaire et exécutif dont le ministre de la Justice, le secrétaire général à la présidence et les chefs de juridictions supérieures, aucun accord satisfaisant n’a été trouvé : « La réunion avec le Premier ministre n’a pas permis d’obtenir les garanties que nous attendions. Nous ne pouvons pas reprendre nos activités dans un climat où la sécurité de l’avocat n’est pas assurée », a insisté Me Diallo.
Le Barreau maintient donc la pression. Une nouvelle assemblée générale extraordinaire est prévue à l’issue de cette nouvelle période de boycott pour évaluer l’évolution de la situation.
Gnima Aïssata Kébé












