La semaine de la rentrée parlementaire s’est ouverte ce lundi 5 octobre 2026 au Palais du peuple, à Conakry. La cérémonie a réuni les députés guinéens ainsi que plusieurs délégations parlementaires venues de la sous-région et du Parlement de la CEDEAO, dans un contexte marqué par la volonté de consolider les relations entre les institutions législatives africaines.

Huit délégations étrangères ont pris part à cette session, notamment celles du Liberia, de la Sierra Leone, du Sénégal, de la Guinée-Bissau, de la Côte d’Ivoire, du Mali, du Togo et du Parlement de la CEDEAO.
Les différents chefs de délégation ont prononcé des allocutions avant l’intervention du président de l’Assemblée nationale guinéenne, Dr Dansa Kourouma. Cette mobilisation des parlements voisins illustre l’importance accordée au dialogue et à la coopération interparlementaires dans l’espace ouest-africain.
Prenant la parole au nom du président sénégalais Ousmane Sonko, le premier vice-président de l’Assemblée nationale du Sénégal, Malick N’Diaye, a transmis les vœux de paix et de prospérité du peuple sénégalais à la Guinée, à l’occasion du 68ᵉ anniversaire de son indépendance.
Dans son intervention, il a insisté sur les liens historiques entre les deux pays et sur la nécessité de renforcer davantage l’intégration africaine : « Entre le Sénégal et la Guinée, il existe bien davantage qu’une relation de voisinage. Il existe une communauté tissée par l’histoire et entretenue chaque jour par la proximité de nos peuples. L’intégration africaine ne peut pas demeurer uniquement une affaire de sommets et de traités. Elle doit entrer dans nos foyers, dans nos budgets, dans nos politiques publiques et surtout dans la vie quotidienne de nos populations. »
Le représentant sénégalais a également appelé les parlementaires à veiller à ce que les lois adoptées produisent des effets concrets sur les conditions de vie des citoyens : « Produire des lois, certes, mais faire en sorte que ces lois produisent des effets dans la vie des citoyens. Les lois pour les lois, non. Ce que nos concitoyens attendent, c’est que la loi votée dans cette salle trouve son chemin vers l’école, vers le centre de santé, vers le quartier, vers le marché, vers l’emploi. »
Évoquant les relations entre les deux pays, Malick N’Diaye a plaidé pour une frontière davantage perçue comme un espace de rapprochement entre les populations : « Notre frontière doit rester un trait d’union, jamais une ligne de fracture entre nos peuples. Nous pouvons défendre l’hospitalité et exiger la responsabilité. Nous pouvons préserver la fraternité et respecter la loi. »
Sur la question de la souveraineté africaine, il a appelé à une transformation du panafricanisme en actions concrètes : « L’Afrique ne peut plus être seulement l’espace où se déploient les ambitions des autres. Elle doit devenir un acteur qui définit ses priorités, protège ses intérêts et assume sa souveraineté. Notre génération porte une responsabilité particulière : faire passer le panafricanisme de l’espérance à l’action et de la fraternité proclamée à la fraternité vécue. »
Pour conclure, le représentant du Sénégal a rappelé que l’ouverture d’une législature ne prend véritablement son sens qu’à travers les résultats obtenus au bénéfice des citoyens : « Une législature commence véritablement lorsque les cérémonies s’achèvent et que les citoyens demandent à leur député : qu’est-ce qui a changé ? Vive la fraternité entre les peuples guinéen et sénégalais. Vive la coopération parlementaire sénégalo-guinéenne. Vive une Afrique fraternelle, unie, souveraine et maîtresse de son destin. »
Gnima Aïssata Kébé










