Le Collectif des avocats de Monsieur Algassimou DIALLO a pris connaissance des images diffusées par la télévision nationale, présentant son client à l’intérieur d’un établissement pénitentiaire, après le communiqué par lequel il demandait la preuve de sa détention à Macenta. Le Collectif prend acte de ce que son client y apparaît vivant et sans entraves apparentes. Il demeure que cette diffusion ne répond à aucune des demandes formulées : la séquence ne permet d’identifier ni le lieu ni la date de la prise de vues, aucun extrait du registre d’écrou n’a été produit, aucune visite n’a été autorisée à la famille ni aux conseils, et le fondement légal du transfèrement n’a toujours pas été communiqué à la défense. Des images diffusées à la télévision ne sauraient tenir lieu de preuve : la détention se justifie par le registre d’écrou, l’état du détenu s’apprécie par la rencontre avec ses conseils et sa famille. Les demandes du Collectif étaient adressées aux autorités judiciaires et pénitentiaires, non à l’opinion publique. Le Directeur national de l’Administration pénitentiaire déclare par ailleurs que ce transfèrement fait suite à la demande de renvoi présentée par la défense devant les chambres réunies de la Cour suprême. Or cette demande a été mise en délibéré et la Cour ne se prononcera que le 8 septembre 2026. Fonder un transfèrement sur une demande dont le sort demeure inconnu supposerait que l’administration pénitentiaire connaisse par avance la teneur d’une décision qui n’a pas encore été rendue. Cette explication contredit du reste celle avancée la veille par la même Direction, qui invoquait la gestion administrative des établissements pénitentiaires. Le Collectif relève enfin que Monsieur Algassimou DIALLO a été filmé dans son lieu de détention et donné à voir au public, à l’insu de ses conseils et sans qu’aucune nécessité de la procédure ne le commande. L’article préliminaire du Code de procédure pénale dispose que toute personne poursuivie est présumée innocente tant que sa culpabilité n’a pas été établie conformément à la loi, et que les atteintes à cette présomption sont prévenues, réparées et réprimées. Livrer au public l’image d’un homme détenu, avant tout débat au fond, méconnaît cette exigence comme celle du respect de sa dignité, que le même texte impose. À l’approche de l’audience du 8 septembre 2026, le Collectif renouvelle ses demandes : extrait du registre d’écrou, visite immédiate de la famille et des conseils, communication du fondement légal du transfèrement et le retour de son client à Conakry afin qu’il puisse comparaître. Fait à Conakry, le 7 septembre 2026 Le Collectif des Avocats de Monsieur Algassimou DIALLOIncarcération de










