Les services de contrôle de qualité tirent la sonnette d’alarme face à la production et à la commercialisation de produits laitiers fabriqués en dehors de tout cadre réglementaire en Guinée. Lors d’une opération de contrôle menée dans plusieurs quartiers de Conakry, l’Office national de contrôle qualité (ONCQ) a mis au jour des unités clandestines opérant dans des conditions jugées préoccupantes.
Yaourts et autres produits laitiers, notamment ceux commercialisés sous différentes appellations comme le « Hamza », seraient fabriqués sans autorisation préalable et sans contrôle sanitaire. Selon les agents de l’ONCQ, certaines installations ne répondent à aucune norme d’hygiène et utilisent du matériel inadapté à la transformation alimentaire : « Ces fabricants ne possèdent aucune autorisation pour ce type de production. L’environnement n’est absolument pas adapté et ils sont dépourvus de certificats d’analyse. Pourtant, la réglementation impose à tout transformateur local de faire analyser ses produits avant mise sur le marché. En plus d’être dans l’illégalité totale, ils opèrent de manière clandestine au cœur des quartiers pour contourner les contrôles », a expliqué Boubacar Guissé, inspecteur général adjoint de l’ONCQ.
La situation relevée à Hamdallaye Rail illustre, selon l’Office, les difficultés rencontrées dans la lutte contre ces activités. Lors du démantèlement d’un réseau par les services spéciaux, certains producteurs ont présenté des attestations attribuées au service d’hygiène de la commune de Gbessia pour justifier leur activité.
Une pratique que l’ONCQ juge irrégulière : « Les services d’hygiène communaux sont compétents pour la salubrité publique, mais n’ont absolument pas la charge de l’hygiène alimentaire ni du contrôle de qualité des denrées. Ils n’ont ni les compétences ni les équipements pour analyser un produit et autoriser sa mise sur le marché. Pourtant, ils distribuent ces attestations à tout va. L’opérateur économique, muni de ce papier, pense être en règle, ce qui est totalement inacceptable », a dénoncé Boubacar Guissé.
Face à la persistance de ces pratiques, l’ONCQ appelle les producteurs et distributeurs à se conformer aux exigences légales avant toute commercialisation. L’institution rappelle également que la fabrication et la mise sur le marché de produits alimentaires sans autorisation peuvent exposer leurs auteurs à des sanctions judiciaires : « Pour ce type d’infraction, le Code alimentaire préconise des peines allant de 1 à 3 ans de prison ferme, assorties d’amendes comprises entre 10 et 50 millions de francs guinéens, en plus de poursuites pénales », a averti l’inspecteur général adjoint de l’ONCQ.
Gnima Aïssata Kébé










