Onze personnes soupçonnées d’appartenir à un réseau spécialisé dans le vol et la modification de motos ont été présentées à la presse ce vendredi 7 août 2026, à Kaloum. Leur interpellation, effectuée le 4 août dernier, a permis aux services spéciaux de mettre la main sur douze motos, présumées volées.

Selon les enquêteurs, le groupe aurait installé son activité dans un garage situé à Mafanco , sur la route Niger. Il serait composé notamment de mécaniciens et d’électriciens, qui auraient pour rôle de modifier l’apparence des motos, et d’en falsifier les éléments d’identification.
Le commissaire principal de police Foromo Soropogui, chef de division chargé de la lutte contre la drogue et les faux médicaments, explique les circonstances de l’opération :

« Suite à des dénonciations de sources crédibles, recoupées avec plusieurs autres, faisant état de l’existence à Mafanco, route Niger, d’un groupe d’individus spécialisés dans le vol de motos, des mécaniciens et électriciens regroupés dans un garage, notre service a procédé, dans la journée du 4 août 2026, à l’interpellation de onze personnes et à la saisie de onze motos volées. »
D’après les services spéciaux, une fois les motos dérobées, elles étaient conduites dans ce garage où plusieurs transformations auraient été effectuées afin de compliquer leur identification : « Après soustraction frauduleuse de ces motos, elles sont immédiatement transportées dans leur garage pour changer leur aspect extérieur, échanger certaines pièces comme le réservoir, le phare et le siège, et falsifier les numéros de châssis. Les personnes interpellées sont identifiées comme étant Sékou Camara, présenté comme le chef présumé du groupe, Mamady Cissé, Sayon Kaba, Idrissa Condé, Souleymane Traoré, Alya Camara, Sory Doumbouya, Oumar Sory Savane, Mohamed Lamine Bangoura, Abdoulaye Traoré et Laye Condé », a précisé le responsable.
Les enquêteurs soupçonnent également le réseau de procéder à la fabrication de fausses clés, de cartes grises et de plaques d’immatriculation, avec la complicité présumée de certains agents. Les motos ainsi modifiées auraient ensuite été proposées à la vente.
Selon le commissaire Foromo Soropogui, tous les suspects ont été auditionnés et nient les accusations portées contre eux: « Tous auditionnés, ils nient les faits. Cependant, ces motos n’ont aucune pièce et les numéros de châssis sont falsifiés, ce qui signifie incontestablement que des motos sont volées », a-t-il déclaré.
Parmi les personnes présentées figure Souleymane Traoré, qui affirme exercer uniquement son métier de mécanicien et rejette toute implication dans un réseau criminel : « Moi, je ne suis pas entré dans le réseau, je suis mécanicien. Si quelqu’un vient me demander de travailler avec lui, c’est dans ce cadre que je travaille. On m’envoie des motos pour les réparer, je les répare puisque c’est mon travail. Je travaille à Mafanco. Comme je travaille bien, c’est pourquoi plusieurs personnes sollicitent mon travail », s’est-il défendu.
Les onze suspects sont poursuivis, selon les services spéciaux, pour association de malfaiteurs et vol aggravé, des faits prévus et punis par les dispositions des articles 784 et 374 du Code pénal.
À l’issue de leur présentation à la presse, ils ont été conduits au Tribunal de première instance de Mafanco afin d’être présentés au procureur.
Gnima Aïssata Kébé










