À deux semaines de la reprise des cours fixée au 5 octobre 2026, les syndicats de l’éducation interpellent une nouvelle fois les autorités. Réunis avec la presse ce lundi 21 septembre 2026, les responsables de l’intersyndicale ont fait part de leurs préoccupations concernant plusieurs engagements pris par le gouvernement et qui, selon eux, restent encore sans suite.
Au cœur des revendications figurent la situation des anciens enseignants contractuels communaux, le déblocage de salaires, la finalisation du statut particulier des personnels de l’éducation et le paiement de certaines primes.
S’agissant du concours annoncé pour le recrutement de nouveaux enseignants, Pépé Balamou, secrétaire général du Syndicat national de l’éducation, précise que les organisations syndicales ne remettent pas en cause le principe du recrutement par concours :« L’intersyndical que vous voyez n’est pas opposé à l’organisation d’un concours. Il faut que ça soit très clair. Personne n’est opposé à ce que les meilleurs soient recrutés pour enseigner dans les écoles de la République. Mais un principe reste clair : lorsque vous signez un protocole d’accord qui a des stipulations précises, il va falloir respecter ce processus-là », a-t-il déclaré.
Le syndicaliste s’appuie sur le cas des enseignants contractuels communaux recensés et évalués en 2024. Sur les 14 500 personnes concernées, 10 000 avaient été retenues, tandis que 4 500 n’avaient pas été intégrées au processus, notamment en raison de la répartition des quotas entre les préfectures.
Selon Pépé Balamou, la majorité de ces derniers avait pourtant obtenu la moyenne lors de l’évaluation : « Parmi les 4 500, il n’y a que 60 qui n’ont pas eu la moyenne. Tout le reste a eu une moyenne égale ou supérieure à 10 sur 20. Donc ça veut dire qu’ils ont la moyenne. Et si le protocole dit que ceux qui ont eu la moyenne seront prioritaires à l’engagement, il n’a pas été dit qu’ils seront prioritaires au concours », a-t-il expliqué.
Les syndicats dénoncent également la situation de certains enseignants dont les salaires seraient bloqués depuis plusieurs années. Ils demandent leur régularisation et insistent sur la nécessité d’achever le statut particulier des personnels de l’éducation. Le paiement des primes de fonction des responsables du secteur figure également parmi leurs préoccupations.
À l’approche de la rentrée, les conditions matérielles dans plusieurs établissements constituent une autre source d’inquiétude pour l’intersyndicale. Pépé Balamou déplore notamment l’état de certaines infrastructures scolaires : « Vous avez les images sur vos réseaux, sur vos sites, des écoles délabrées comme des poulaillers, comme des porcheries. Même à Conakry, il y a des écoles où les toilettes ne sont plus praticables, où il n’y a pas de tables-bancs. Les matériels didactiques aussi ne sont pas là », a-t-il dénoncé.
De son côté, Aboubacar Soumah, secrétaire général du SLECG, appelle les autorités chargées du dialogue social à agir afin de faire appliquer les engagements convenus avec les syndicats : « Nous invitons les autorités, les institutions qui sont garantes du dialogue social d’intervenir auprès du gouvernement de Guinée pour que notre protocole d’accord soit respecté dans tous ses points. Si le gouvernement ne respecte pas ses engagements d’ici l’ouverture des classes, alors il n’y aura pas d’ouverture apaisée », a averti le responsable syndical.
À quelques jours de la rentrée scolaire, l’intersyndicale maintient ainsi la pression sur les autorités et demande des réponses concrètes sur les différents points inscrits dans le protocole d’accord.
Gnima Aïssata Kébé










