Le procureur de la République près le Tribunal de première instance de Kindia, Mamadou Boye Diallo, est sorti de son silence ce mardi 21 juillet 2026 pour réagir au décès de Moumadou Djouma Barry, l’un des candidats condamnés à un mois d’emprisonnement ferme pour fraude lors des épreuves du baccalauréat.
Face à la presse, le magistrat a indiqué que sa démarche visait à apporter des précisions sur les circonstances du décès de l’élève et à dissiper les informations qu’il juge erronées :

« Conformément à l’article 8 du Code de procédure pénale, le procureur de la République prend la parole devant les journalistes pour éclairer la lanterne du public, pour éviter des désinformations, pour éviter de donner des informations erronées », a-t-il déclaré.
Selon le procureur, Moumadou Djouma Barry souffrait d’une pathologie antérieure et n’est pas décédé en milieu carcéral : « Ce jeune Moumadou Djouma Barry faisait partie de ceux qui ont été condamnés pour fraude aux examens. Malheureusement, il est décédé suite à la maladie qu’on appelle le rhumatisme, mais il n’est pas décédé en prison. Dès l’instant que le régisseur m’a informé de son état de santé précaire, j’ai demandé qu’il soit conduit à deux reprises à l’hôpital régional. Comme son état ne s’améliorait pas, j’ai ensuite demandé au régisseur de le confier à ses parents. Ce sont donc ses parents qui l’ont emmené à l’hôpital, où il était suivi par son médecin traitant. C’est entre les mains de ce dernier que Moumadou Djouma est décédé », a-t-il expliqué.
Poursuivant son intervention, Mamadou Boye Diallo a affirmé que les proches du défunt lui avaient indiqué que celui-ci souffrait de rhumatismes depuis son séjour à Dalaba : « Comme l’ont révélé les parents, Moumadou Djouma souffrait de rhumatisme depuis qu’il était à Dalaba. C’est la raison pour laquelle il avait été amené à Kindia. Malheureusement, il est tombé dans cette situation. On est navré, on est désolé, parce que la mort, personne ne peut la souhaiter à son prochain. On aurait souhaité qu’il puisse purger sa peine, revenir dans la société normalement et poursuivre son parcours scolaire dans les meilleures conditions », a-t-il ajouté.
Interrogé sur la condamnation prononcée contre les candidats poursuivis pour fraude, le procureur a rappelé qu’il est tenu de respecter les décisions rendues par les juridictions : « Je suis soumis à la décision de justice. En ma qualité de magistrat, je ne peux pas critiquer une décision de justice. Ce qui reste clair, c’était la position du président du tribunal. On ne peut que s’en remettre à sa sagesse. Il est indépendant. Nous n’avons pas relevé appel parce que nous avons estimé que la peine prononcée correspondait au minimum prévu. Même si certains estiment qu’elle est exagérée, nous avons considéré que ce n’était pas le problème. Il faut que nous acceptions tous que les sanctions tombent lorsqu’il y a des infractions. Ce n’est pas une question de justice sociale. Lorsqu’une infraction est commise, il faut que la loi soit appliquée dans toute sa rigueur », a conclu Mamadou Boye Diallo.
Cette sortie du procureur intervient alors que le décès de l’élève continue de susciter de nombreuses réactions.
Gnima Aïssata Kébé










