Le décès de Mamadou Djouma Bah, candidat au baccalauréat unique 2026 décédé après son incarcération à Kindia, continue de susciter de nombreuses réactions au sein de l’opinion publique. La présidente de la Fédération guinéenne des parents d’élèves, étudiants et amis de l’école (FEGUIPAE), Hadja Adama Sow, estime que ce drame doit conduire les autorités à repenser les mesures appliquées aux candidats impliqués dans des cas de fraude aux examens.
Interrogée sur cette affaire, la responsable de la FEGUIPAE dit partager la douleur de la famille du jeune disparu et rappelle que, si la fraude doit être combattue avec fermeté, les sanctions doivent rester proportionnées : « C’est un sentiment de tristesse. Aucun parent ne souhaite le décès de son enfant à bas âge, à plus forte raison en prison. L’élève a été pris avec un téléphone et éliminé pour la session 2026. Selon les textes réglementaires en Guinée, il encourt également une interdiction de se présenter durant les deux années suivantes. C’est déjà une sanction lourde. Cumuler cela avec une peine de prison, c’est trop », a-t-elle déclaré.
Selon les informations disponibles, le jeune candidat souffrait de drépanocytose sous sa forme homozygote (SS). Son état de santé se serait détérioré pendant sa détention à la maison centrale de Kindia. Après son évacuation vers sa famille, il a finalement succombé des suites de complications liées à sa maladie.
Pour Hadja Adama Sow, cette disparition doit servir d’alerte afin d’éviter que des situations similaires ne se reproduisent. Elle attire notamment l’attention sur le cas des autres élèves toujours détenus pour des faits de fraude aux examens : « Il faut que la justice, le gouvernement et le ministère acceptent que les enfants qui sont en prison pour les mêmes faits soient libérés et remis à leurs parents. Ils ont fauté, la sanction académique pèse déjà sur eux. Nous ne voulons pas que d’autres enfants meurent en notre nom. L’exclusion des examens et l’interdiction de participer aux sessions suivantes constituent déjà des sanctions prévues par la réglementation», a-t-elle lancé.
La présidente de la FEGUIPAE invite ainsi les pouvoirs publics à engager une réflexion sur le recours aux poursuites pénales contre les élèves impliqués dans des cas de fraude, en privilégiant une approche davantage orientée vers l’éducation et la protection des jeunes.
Gnima Aïssata Kébé










