Un symposium en hommage à Elhadj Souleymane Diallo, fondateur du journal satirique Le Lynx, décédé le 1er juin 2026, s’est tenu ce jeudi dans la salle des congrès du Palais du Peuple. La cérémonie a réuni des responsables de médias, des organisations professionnelles de la presse, des journalistes, ainsi que des représentants du gouvernement, du Conseil national de la transition (CNT) et de la Haute Autorité de la Communication (HAC).

Durant plusieurs heures, les intervenants ont rendu hommage à celui qui est unanimement considéré comme l’une des figures les plus marquantes du journalisme guinéen.
Représentant la Haute Autorité de la Communication, Fodé Bouya Fofana a salué la mémoire d’un homme qui a consacré sa vie à la défense de la liberté de la presse : « Je tiens à présenter au nom de notre institution, la Haute Autorité de la Communication, les condoléances les plus profondes à la famille de notre regretté Souleymane Diallo, à la corporation des hommes de médias ainsi qu’au peuple de Guinée. Souleymane Diallo a rempli son contrat avec le peuple guinéen. Il a travaillé pour ce pays, pour ses citoyens et pour les populations de Guinée. Aujourd’hui est un jour de réflexion profonde, un jour de mémoire qui devrait être gravé dans l’histoire de la presse guinéenne. Que Dieu accueille Souleymane Diallo dans son paradis et que le travail qu’il a accompli soit récompensé par le Tout-Puissant », a-t-il déclaré.

Prenant la parole au nom du gouvernement, le ministre porte-parole, Ousmane Gaoual Diallo, a rendu un vibrant hommage à l’homme qu’il a présenté comme un symbole de courage, d’indépendance d’esprit et de liberté de pensée : « Aujourd’hui réunis autour de son œuvre et de son héritage, nous célébrons non seulement un homme, mais également un symbole, celui du courage, de l’indépendance d’esprit et de la liberté de pensée. Il y a des personnalités qui marquent leur époque d’une empreinte durable. Hélas, Souleymane Diallo était de celles-là. Au début des années 90, alors que la Guinée s’engageait progressivement dans l’ouverture démocratique, il eut l’audace et la détermination de créer Le Lynx, un journal dont le regard critique, l’humour incisif et la liberté de ton sont rapidement devenus une référence incontournable dans l’espace médiatique national. »

Selon lui, l’héritage de Souleymane Diallo dépasse largement le cadre de son journal : « En fondant Le Lynx, tu n’as pas seulement créé un journal, tu as fondé une école de pensée et contribué à façonner une culture journalistique dont l’influence demeure perceptible dans notre pays. Le combat de Souleymane Diallo pour la liberté de la presse ne s’est pas limité aux colonnes d’un journal. Il fut également l’un des artisans de l’ouverture de l’espace médiatique guinéen et de la promotion du pluralisme d’opinion. »
Au nom des employés du groupe Le Lynx, Diao Laboya Barry a témoigné de la rigueur professionnelle et du dévouement de celui qu’il considère comme un père et un modèle : « Monsieur Souleymane Diallo était notre patron, mais mieux encore, il était notre père, notre maître et notre modèle. Il était une source d’inspiration pour tous ceux qui ont pour passion le journalisme. Notre employeur était l’employeur le plus régulier du groupe. Il était au bureau du lundi au samedi, gravissant les escaliers jusqu’au cinquième étage. Voilà très brièvement résumé le quotidien de celui dont nous sommes appelés à assurer la relève. Quel immense défi ! Au nom de mes collègues, je voudrais rassurer tous ceux qui se préoccupent de la survie du Lynx. Notre loyauté et notre détermination demeurent intactes. Le Lynx est plus qu’un journal, c’est un patrimoine national. »
L’émotion était particulièrement palpable lors de l’intervention de Mariam Diallo, fille du défunt, qui a dressé le portrait intime de l’homme derrière la figure publique : « Vous connaissiez tous le Souleymane Diallo public. Nous aimerions vous parler de l’homme de famille. Au-delà du grand homme, tu seras toujours simplement et tendrement notre cher Appapa. Nous savons qu’incarner l’homme que tu as été et mener ce combat de chaque instant pour la liberté de la presse en Guinée, t’a souvent laissé un sentiment de culpabilité vis-à-vis de nous, tes enfants. Mais aujourd’hui, nous voulons te dire devant tout le monde que faire partie de ta famille est un privilège et un honneur absolu. Tu nous as montré ce que signifiait le mot dévouement. Merci pour les valeurs que tu nous as léguées : la discipline, le sens du travail bien fait, l’amour de la lecture et surtout l’esprit critique. Tu as semé la graine, elle a germé et grandi, et nous veillerons à ce qu’elle devienne un arbre fort. Pars en paix Appapa, repose-toi maintenant aux côtés de Mohamed, notre cher frère qui était devenu ton meilleur ami.»
L’ancien patron du Lynx sera inhumé ce vendredi 12 juin 2026 à Labé, sa ville natale, après la prière de 14 heures.
Gnima Aïssata Kébé










