Le Bloc Libéral (BL) a dénoncé, ce mercredi 3 juin 2026 à Lambanyi, ce qu’il qualifie de graves violations du Code électoral lors du triple scrutin en cours en Guinée. À travers une déclaration rendue publique par son président, Oumar Sanoh, la formation politique accuse certains responsables administratifs et électoraux d’avoir compromis la transparence du processus électoral.
Selon le parti, plusieurs urnes auraient été transférées vers des centres de centralisation sans que le dépouillement ne soit effectué dans les bureaux de vote, comme l’exige la loi. Le Bloc Libéral affirme également que des représentants de candidats auraient été empêchés de participer aux opérations de contrôle et de vérification des résultats.
Estimant que ces pratiques portent atteinte à la crédibilité du scrutin, le parti appelle les autorités électorales à faire respecter les dispositions légales en vigueur, à garantir l’accès des acteurs politiques aux documents électoraux et à diligenter des enquêtes sur les irrégularités signalées.
Prenant la parole devant la presse, le président d’honneur du Bloc Libéral, Faya Lansana Milimono, a dénoncé ce qu’il considère comme une volonté de dissimuler certains résultats : « Une élection, ça se prépare. Et quand on dit élection, l’un des documents les plus importants d’un scrutin, c’est le document qui enregistre. Depuis le matin, là où j’ai voté à Tombolia, j’ai commencé par demander dans les bureaux est-ce qu’il y avait tout en place ? Ceux qui m’ont écouté cette matinée avaient déjà signalé le fait qu’on nous a dit que les procès-verbaux, pour nous, seraient fournis à 16 heures. Les gens qui se retrouvent à la centralisation avec des scores deux fois, trois fois, quatre fois supérieurs à mes scores. Ils ont donc fait le test dans certaines circonscriptions pour savoir quelle est la tendance. Ils se sont dit : si les procès-verbaux sont fournis, on est foutu. Donc ils ont gardé expressément les procès-verbaux pour ne pas que ces élections-là prouvent réellement que le pouvoir actuel est illégitime. C’est ce qui a été fait, en réalité. »
Poursuivant son intervention, l’ancien candidat à la présidentielle a cité le cas de la préfecture de Yomou, où il affirme que le dépouillement aurait été interrompu sur instruction des autorités locales : « Je vous donnais des cas précis. À Yomou, on a testé le dépouillement dans une commune et il s’est trouvé que le BL est candidat dans cette commune. Quand ils ont vu les résultats, le préfet a ordonné qu’on arrête tout simplement le dépouillement sur le territoire de la préfecture de Yomou, sur toutes les urnes, pour les amener au centre. C’est ce qui a été fait. »
Faya Lansana Milimono soutient également que les opérations de centralisation se seraient déroulées sans la présence des représentants des candidats : « Lorsque les urnes sont arrivées au centre, le dépouillement avait été fait à Beyla et les membres du BL avaient les résultats de Beyla. On a mis toutes les urnes dans une maison. On est parti prendre le groupe de militaires, parce que toute la ville, il y a un petit camp militaire. On est venu les trouver là. Pas d’accès. J’ai appelé le monsieur qui est le directeur préfectoral des questions électorales. Il m’a dit : “Je suis à l’intérieur, effectivement, mais il n’y a aucun représentant.” »
Face à ce qu’il qualifie de dérives graves du processus électoral, le président d’honneur du Bloc Libéral a mis en cause la neutralité de l’administration publique avant d’annoncer une contestation formelle des résultats dans cette localité : « Quand on sait que tous les actes que vous posez, on est dans une situation où l’administration publique est aussi politisée aujourd’hui qu’elle ne l’a jamais été. Nous demanderons l’annulation du vote dans tout Yomou. »
Gnima Aïssata Kébé










