La chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a décidé, ce jeudi 7 mai 2026, de recourir à une procédure exceptionnelle dans le dossier impliquant l’ancien Premier ministre guinéen Ibrahima Kassory Fofana. La juridiction a en effet ordonné son audition hors du cadre habituel d’audience, directement au sein d’un établissement hospitalier où il est actuellement pris en charge.
Cette mesure intervient dans le cadre de la procédure d’appel ouverte après sa condamnation en première instance à cinq ans d’emprisonnement pour des faits présumés de détournement de fonds publics, d’enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux. L’audition est programmée pour le lundi 11 mai à la clinique Pasteur, où le prévenu reçoit des soins médicaux.
Selon la décision de la Cour, cette audience spéciale se tiendra dans un format strictement encadré. Seront présents les magistrats composant la chambre des appels, le ministère public, les avocats de la défense ainsi que ceux représentant la partie civile. Le médecin traitant de l’ancien chef du gouvernement assistera également aux échanges afin d’éclairer la juridiction sur son état de santé.
La reprise des débats est, par ailleurs, fixée au jeudi 14 mai, date à laquelle la Cour devrait poursuivre l’examen du dossier en appel, après cette phase d’audition délocalisée.
Dans sa motivation, la juridiction a demandé à la direction de la clinique Pasteur de mettre en place toutes les dispositions logistiques et sanitaires nécessaires afin de garantir le bon déroulement de cette audience hors les murs, dans le respect des exigences de sécurité et de confidentialité.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre des dispositions légales encadrant la procédure pénale, notamment celles relatives aux auditions exceptionnelles de prévenus dont l’état de santé ne permet pas une comparution classique, ainsi que les textes fondateurs régissant la CRIEF.
Lors de la précédente audience, tenue le 30 avril, le ministère public avait déjà évoqué la possibilité d’une telle solution, estimant qu’elle permettrait de poursuivre le processus judiciaire sans interruption, tout en tenant compte des contraintes médicales du prévenu. Une position qui avait été acceptée par l’ensemble des parties au procès, sans opposition de la défense ni de la partie civile.
Gnima Aïssata Kébé










