L’ONG Action des Femmes et Filles de Guinée (AFFIG) a fait le lancement officiel du Forum national sur les menstruations, ce samedi 2 mai 2026. Organisée dans une université de la place , cette rencontre a mobilisé des représentants du ministère de la Santé, d’autres départements sectoriels, ainsi que de nombreuses femmes et jeunes filles, autour d’un objectif commun : ‘’faire de la santé menstruelle une priorité sociale, éducative et sanitaire.’’

À travers cette initiative, l’AFFIG entend sensibiliser sur la gestion de l’hygiène menstruelle, dénoncer les obstacles auxquels sont confrontées les jeunes filles, notamment en milieu scolaire, et interpeller les autorités sur la nécessité d’une prise en charge plus structurée de cette problématique.
Prenant la parole à l’ouverture du forum, la présidente de l’ONG AFFIG, Batrou Bréma Cissoko, a rappelé que cette rencontre vise avant tout à attirer l’attention sur une réalité encore largement ignorée :

« On a eu l’idée l’année passée d’organiser un grand forum comme on l’a pensé, dans le but d’informer et d’attirer l’attention des autorités sur ces questions beaucoup plus négligées dans notre société. Certaines jeunes filles abandonnent les cours parce qu’elles ont été moquées dans les salles de classe, parce qu’il n’y a pas d’infrastructures sanitaires adéquates ou parce qu’elles n’ont pas accès aux produits menstruels », a-t-elle expliqué.
Elle a également insisté sur les conséquences sanitaires liées à une mauvaise gestion des menstruations :« Certaines jeunes filles souffrent aujourd’hui d’infections à cause du manque de gestion de leurs menstrues. Ce sont des questions qui font beaucoup de ravages dans notre société, mais on en parle moins. Notre objectif est clair : sensibiliser les parents, les jeunes filles, les leaders religieux et les anciens pour lever le tabou autour des menstruations. Nous interpellons les autorités de l’éducation pour insérer les cours d’éducation sexuelle sur la santé sexuelle et reproductive dans les établissements scolaires », a-t-elle déploré.
Présente à la cérémonie, la représentante de la ministère de la Santé et de l’hygiène publique, Madame Touré Aminata Diallo, a salué l’initiative et réaffirmé l’engagement de l’État à accompagner les actions en faveur de la santé menstruelle : « La gestion de l’hygiène menstruelle demeure un défi majeur pour de nombreuses femmes et filles en Guinée. Elle est bien plus qu’une question biologique. Elle touche à la dignité humaine, à l’égalité des chances et à l’éducation des filles », a-t-elle déclaré.
Elle a souligné que les difficultés d’accès à l’information, aux infrastructures adaptées et aux produits hygiéniques ont des impacts directs sur la scolarité et l’épanouissement des jeunes filles : « Investir dans la santé menstruelle, c’est investir dans l’avenir de notre pays. C’est garantir à chaque fille la possibilité de poursuivre sa scolarité sans interruption et à chaque femme de vivre dans la dignité. Le ministère de la santé et de l’hygiène publique réaffirme son engagement à accompagner toutes les jeunes, toutes les ONG qui évoluent dans ce processus. », a-t-elle affirmé.
Le témoignage de Maimouna Bah, élève en classe de terminale, a évoqué les réalités vécues par de nombreuses adolescentes avant l’intervention de l’AFFIG dans son établissement : « Vivre avec ses menstruations à l’école était très difficile pour nous. Beaucoup n’avaient pas accès aux serviettes hygiéniques. Nous avions peur des moqueries, peur d’être humiliées. Certaines préféraient rester à la maison pendant leurs règles », a-t-elle confié.
Elle a tout de même salué les changements observés grâce aux actions de sensibilisation et de distribution de kits menstruels : « Depuis l’arrivée d’AFFIG, notre vie a changé. Aujourd’hui, grâce à l’accès aux serviettes menstruelles, nous pouvons gérer nos règles en toute dignité. Nous nous sentons plus confiantes, plus fortes et surtout plus libres d’apprendre », a-t-elle témoigné.
En marge de ce forum, l’ONG a annoncé la distribution de 3 000 serviettes hygiéniques en faveur des femmes et jeunes filles.
Gnima Aïssata Kébé










