Le parti politique RGP (Rassemblement pour une Guinée Prospère) a animé une conférence de presse ce mardi 10 mars 2026 à son siège situé à Kissosso, dans la commune de Matoto. Face aux journalistes, le président de la formation politique, Elhadj Bouna Keïta, s’est exprimé sur la situation sociopolitique du pays ainsi que sur la position de son parti à l’approche des prochaines élections législatives et communales.
Dès l’entame de son intervention, le leader du RGP a évoqué la question de l’implantation de son parti sur le territoire national, affirmant que toutes les démarches administratives exigées ont été respectées : « Nous avons reçu les certificats d’implantation dans tous les dossiers que nous avons déposés pour le parti. Mais certains n’ont pas eu le temps de les lire. Il fallait les lire pour comprendre ce qui y était mentionné. Tout le monde était focalisé sur l’élection présidentielle », a-t-il déclaré.
Revenant sur son parcours politique, Elhadj Bouna Keïta a rappelé que son engagement remonte à plusieurs décennies. Selon lui, sa démarche a toujours été motivée par la volonté de préparer la relève politique, notamment au profit de la jeunesse : « Depuis 1993, j’ai commencé à être candidat. Cette candidature n’était pas pour ma personne, mais pour vous, les générations montantes. À l’époque, la loi fondamentale disait que, tant que tu n’as pas 40 ans, tu n’es pas autorisé à être candidat à l’élection présidentielle. Donc, en ce moment, je suis venu à contre-courant de la loi, et on m’a recalé, parce qu’il n’y avait pas de candidature indépendante. Malgré tout, un de mes objectifs a été atteint, parce qu’aujourd’hui, le monde entier est dirigé par vous, les jeunes », a-t-il expliqué.
Le président du RGP a également insisté sur la nécessité de préparer la relève à la tête du parti. Pour lui, aucune formation politique ne doit être dirigée éternellement par une seule personne : « Je ne suis pas là pour être éternel à la tête de ce parti, le RGP. Je veux que le RGP continue et que d’autres personnes viennent à ma place au moment où je ne pourrai plus être là. Il ne faut pas croire que toi seul dois être là en tant que président de ton parti. Si l’âge ne te rattrape pas, autre chose te rattrapera », a-t-il indiqué.
Abordant la participation de sa formation politique aux prochaines échéances électorales, Elhadj Bouna Keïta s’est montré catégorique. Le RGP entend prendre part à toutes les compétitions électorales à venir : « Mes chers frères, si je dis cela, c’est pour vous faire comprendre que mon parti, le RGP, Rassemblement pour une Guinée Prospère, est prêt à aller aux élections. Nous sommes prêts à aller aux élections communales et législatives, et nous sommes prêts à affronter toutes les élections qui seront organisées dans notre pays. C’est cela, un parti politique », a-t-il affirmé.
Pour Elhadj Bouna Keïta, la conquête du pouvoir reste l’objectif principal de son parti, mais celle-ci doit se faire dans un climat de paix et de dialogue : « Le RGP est là pour compter dans la conquête du pouvoir, pas seulement pour la présidentielle. L’élection présidentielle est finie, c’est le passé. Le présent, ce sont les élections qui viennent, et le RGP est prêt à les affronter et à être en tête. Je ne suis pas venu pour m’amuser, je suis venu pour conquérir le pouvoir. Mais je veux l’obtenir par le dialogue, dans la paix et l’amitié, pas en vous poussant à vous battre entre vous », a-t-il insisté.
S’exprimant enfin sur la dissolution récente de plusieurs partis politiques par les autorités, le président du RGP a salué cette initiative qu’il considère comme une démarche d’assainissement du paysage politique, tout en invitant les formations concernées à privilégier les voies légales : « D’ailleurs moi je félicite le gouvernement dans ce sens pour assainir les fichiers politiques. Mais je dirais aussi aux autres partis politiques de prendre exemple sur moi. Mon parti, le RGP, a été dissous au temps du régime passé. J’ai fait le recours. Pendant près de trois ans, tout le monde m’a vu courir, mais vers la fin j’ai eu raison et mon parti a été rétabli », a-t-il rappelé.
Avant de conclure par un appel au dialogue et au respect des procédures juridiques, il laisse entendre : « Je demanderai à mes frères de faire le recours. Quand vous faites le recours, c’est l’État qui vous a donné l’agrément, et nous sommes dans un pays de droit. Vaut mieux passer par le plan juridique que d’être dans la rue. Il ne faut pas aller avec la violence, mais avec le dialogue. Le recours est mieux que d’être encore dans la rue », a-t-il conseillé.
Gnima Aïssata Kébé










