Le procès supplémentaire lié aux événements tragiques du 28 septembre 2009 s’est poursuivi ce lundi 26 janvier 2026 devant le tribunal criminel de Dixinn, délocalisé à la Cour d’appel de Conakry. Après le renvoi au 23 février prochain de l’examen des exceptions de nullité concernant les colonels Jean-Louis Kpoghomou et Georges Olemou, ainsi que l’adjudant-chef Thomas Touarou, la juridiction a entendu plusieurs victimes et ayants droit venus relater leur vécu et leurs pertes.
Premier à comparaître, Mamadou Sanou Bah est revenu sur les circonstances troublantes entourant le décès de son cousin, Elhadj Ibrahim Bah, âgé de 65 ans à l’époque. À la barre, il a déclaré : « Quelqu’un m’a appelé sur le numéro de mon cousin en me disant que le propriétaire du téléphone est décédé. C’est ainsi que j’ai informé la famille. Nous avons cherché son corps dans les morgues, mais on ne l’a pas retrouvé. »
Il a expliqué avoir finalement récupéré le corps sans certificat de décès, affirmant : « Je n’ai vu ni blessure ni sang. Je ne sais pas comment il est mort, mais c’était au stade du 28 septembre. Son corps a été sorti dans un camion militaire avec d’autres corps. Je veux juste que justice soit rendue. »
Alpha Boubacar Diallo, marchand, est intervenu au nom de sa famille pour la disparition de son grand frère, jamais retrouvé. Il a confié au tribunal : « Je suis ici pour me plaindre de la perte de mon frère lors des événements douloureux du stade du 28 septembre. Il est allé au stade, il n’est jamais revenu. Malgré toutes nos recherches, nous n’avons retrouvé ni son corps ni un document médical. Nous demandons seulement la vérité et la justice. »
Le troisième témoignage a été livré par Amadou Djouldé Barry, lui-même victime des violences. Il a raconté sa présence au stade et la panique provoquée par les tirs : « Quand les tirs ont commencé, j’ai cherché à sortir, mais les portes étaient bloquées. J’ai vu quelqu’un recevoir une balle alors que je tentais de l’aider. Les agents nous ont bastonnés. Pour moi, l’État est responsable de tout ça. »
Il a également précisé : « Si je ne me suis pas présenté au premier procès, c’est parce que j’avais perdu confiance. Mais après les premières condamnations, j’ai décidé de me constituer partie civile. »
L’audience se poursuit avec d’autres témoignages.
Gnima Aïssata Kébé










