Le procès de l’artiste Singleton s’est réouvert ce mardi devant le tribunal de grande instance de Coyah . Dès les premières minutes de l’audience, l’affaire a pris une tournure poignante avec la diffusion annoncée, mais techniquement retardée, d’une vidéo clé censée apporter des preuves sur les circonstances exactes de l’accident mortel impliquant le cortège de l’artiste. En attendant la résolution des problèmes techniques, le tribunal a procédé à l’audition d’un témoin capital : Mme Mabinty Touré.

Appelée à la barre à la reprise de l’audience, Mme Mabinty Touré a livré un récit minutieux de la scène à laquelle elle dit avoir assisté. Selon elle, ce jour-là, alors qu’elle faisait sa lessive, elle a vu un pick-up de militaires de la force spéciale. précéder le véhicule de l’artiste Singleton, à Coyah. Un incident mineur un sac de riz percuté par un taxi aurait déséquilibré un vieil homme, M. Traoré, qui circulait à moto. Ce dernier serait tombé au milieu de la route, et aurait tenté de se relever sans succès : « La voiture de l’artiste est arrivée à vive allure et l’a traîné sur quelques mètres, jusqu’à ce que le pneu éclate », a-t-elle déclaré avec émotion.
À la question de savoir si le conducteur aurait pu éviter le drame, elle a été catégorique : « Non, à cause de la vitesse ».
Le président du tribunal, dans un interrogatoire rigoureux, a insisté sur plusieurs aspects : la possibilité d’arrêt du véhicule, l’attitude du conducteur après l’impact, et la présence ou non d’une menace dans les environs.
Interrogée à ce sujet, Mme Touré a affirmé que personne sur les lieux ne menaçait l’artiste, contredisant toute défense possible basée sur un contexte d’insécurité. Elle a également précisé que Singleton n’était pas descendu de son véhicule après l’incident, ajoutant que c’est un militaire du cortège qui a extrait la victime et l’a conduite à l’hôpital.
Le procureur, prenant le relais, a renforcé cette ligne d’accusation en insistant sur l’excès de vitesse comme facteur déterminant de l’accident. À chacune de ses questions, le témoin a conforté l’idée d’une responsabilité directe liée à la conduite du véhicule, allant jusqu’à affirmer que si la vitesse avait été modérée, l’accident aurait pu être évité.
À la question finale du parquet : « Cela explique quoi, selon vous ? », la réponse de Mme Touré a résonné comme un appel à la responsabilité : « Il devait descendre et aider à sortir le vieux de sous l’engin ».
Les débats se poursuivent avec l’audition des avocats.
Gnima Aïssata Kébé












