À l’occasion d’une conférence de presse conjointe animée ce lundi 19 octobre 2026 à la salle de conférence de la plage Camayenne, le Général Amara Camara, ministre secrétaire général et porte-parole de la présidence de la République, est revenu en détail sur l’orientation politique du chef de l’État, le général Mamadi Doumbouya, ainsi que sur plusieurs décisions d’envergure nationale.
Devant des journalistes, le porte-parole de la présidence a d’emblée tenu à replacer l’adresse à la nation du 1er octobre dernier dans son véritable contexte stratégique. Loin d’être un simple discours d’apparat, cette prise de parole constitue la feuille de route du gouvernement transitionnel : « Ce qui a été dit dedans et de façon répétée de façon très poignante, c’était de dire que le 2 octobre n’appartient pas au livre de l’histoire, c’est un choix de souveraineté que nos aînés ont fait et que ce choix de souveraineté devrait être assumé tous les jours par nous », a déclaré le Général Amara Camara.
Selon le représentant de la présidence, l’action présidentielle s’articule désormais autour de quatre axes fondamentaux : la jeunesse, la transformation locale des ressources naturelles, le maintien de l’ordre, et l’unité nationale.
S’agissant de la jeunesse et de la valeur des ressources minières à travers le mégaprojet Simandou 2040, le Général Amara Camara s’est voulu catégorique : « La vision du chef de l’État, c’est d’avoir une jeunesse formée, une jeunesse qualifiée, une jeunesse insérée, ouvrir l’accès au crédit, mais aussi à l’entrepreneuriat jeune. Notre pays ne veut plus exporter son minéral. Le pays veut créer des emplois, veut créer des compétences, veut faire des routes, de l’énergie et se doter de services sociaux. »
Revenant sur le principe d’autorité et de cohésion sociale, le ministre a rappelé les exigences de la Présidence : « Rien de durable ne se bâtit dans le désordre. L’ordre ne devrait pas être perçu comme une contrainte, c’est la garantie que la règle est la même pour tous. La République n’appartient à aucun clan. Elle appartient à tous ses enfants, à toutes les régions, de toutes les confessions. »
Abordant la récente grâce accordée à 529 citoyens lors de la fête nationale, le porte-parole a tenu à en clarifier la portée juridique et sociale : « La grâce n’est pas un oubli. Ça ne remet pas en cause les décisions de justice, ni les droits des victimes sur la réparation. C’est la clémence responsable. Les sorties de prison constituent des moments de fragilité. Le stage permet de les protéger et de protéger notre société. Un programme de formation a été conçu en collaboration entre le ministère de la Justice et celui de la Défense. »
Le Général Amara Camara s’est également exprimé sur la disparition de l’ancien Premier ministre Sidya Touré, appelant au respect et à la retenue : « Le Premier ministre Sidya Touré a servi ce pays, il a aimé ce pays. Pour le respect de sa mémoire et de son âme, nous ne voulons pas que ce sujet continue d’être entretenu. Une de nos religions nous recommande de ne dire que du bien de ceux qui sont partis. »
Dans la même lancée, le porte-parole a explicité la décision prise par le chef de l’État d’autoriser l’évacuation sanitaire de l’ancien Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana et de l’ancien président de l’Assemblée nationale, Amadou Damaro Camara : « Cet acte n’est ni une grâce et ce n’est encore moins un arrangement. La justice guinéenne a instruit, jugé et condamné. Ces décisions restent entières. Nul n’est au-dessus de la loi. Mais un État fort n’est pas un État sans cœur. Face à la souffrance d’un être humain, la République ne détourne pas le regard. Le droit d’être soigné est attaché à la personne quel que soit son passé », a martelé le général.
Pour conclure son intervention, le porte-parole est revenu sur l’inauguration du parcours ferroviaire: « C’était un événement historique. Ce rail est multiservice et multi-usagers. Au total, 1 300 km de rails à multi-usagers, c’est inédit. Ces dernières années, nulle part sur notre continent il n’y a eu un tel projet. On vient de franchir un pas exceptionnel. »
Enfin, il a salué la signature du décret de déclassification de plus de 38 hectares à Wanindara, permettant ainsi aux populations locales de rentrer légitimement en possession de leurs terres après plusieurs années d’incertitude.
Gnima Aïssata Kébé










