La décharge de Dar-es-Salam, dans la commune de Gbessia, a connu un nouvel éboulement dans la nuit du samedi 22 au dimanche 23 août 2026. Le drame a provoqué une vive inquiétude dans le quartier, où plusieurs personnes seraient mortes ou portées disparues. Aucun bilan officiel n’a toutefois été communiqué à ce stade.

Dès les premières heures de la matinée, des familles se sont massivement rendues sur les lieux, dans l’espoir de retrouver leurs proches. Certaines personnes seraient encore coincées sous les amas de déchets et de décombres, tandis que les opérations de recherche se poursuivent.
Parmi les familles durement frappées figure celle de Ciré Kallo, une mère qui affirme avoir perdu ses cinq enfants : Yaya Kallo, M’Mah Kallo, Issiagha Kallo, Younoussa Kallo et Fanta Kallo.
Selon son témoignage, elle avait échangé avec son fils Yaya quelques heures avant l’éboulement. Inquiète en raison des fortes pluies, elle lui avait demandé de rentrer et de mettre les enfants à l’abri : « Moi j’habite à Gbessia cérème, c’est eux qui sont là. J’ai perdu tous mes 5 enfants », a-t-elle confié, profondément bouleversée.
Elle raconte avoir ensuite demandé à son fils de veiller à ce que ses frères et sœurs puissent manger avant de passer une dernière fois au téléphone avec lui : « Nous sommes pauvres, on n’a rien. Je sors le matin, je rentre tardivement la nuit pour satisfaire aux besoins de mes enfants. Voilà maintenant qu’ils sont tous partis », a-t-elle ajouté, en larmes.
D’autres familles sont également sans nouvelles de leurs proches. Mohamed Camara affirme notamment rechercher ses deux enfants, Mohamed, 12 ans, et Souleymane, 16 ans, qui se trouveraient dans le bâtiment touché par l’éboulement : « Mes enfants Mohamed et Souleymane sont dans le bâtiment effondré. L’un a douze ans, l’autre 16. Depuis cet éboulement, je n’ai aucune nouvelle d’eux. Peu importe s’ils sont morts ou vivants, qu’ils m’aident à les avoir », a-t-il imploré.
La catastrophe ravive par ailleurs les inquiétudes des habitants concernant les risques liés à la présence de cette décharge à proximité des habitations. Rachel Bangoura, présidente des femmes de Dar-es-Salam, affirme que les riverains avaient déjà alerté les autorités :

« On a beau demander à l’État guinéen, mais voilà aujourd’hui où on en est. Même le vendredi, on était au Palais avec le ministre en charge. Ils nous ont dit que c’était aujourd’hui qu’ils allaient venir clôturer la décharge. Hier, à 2 heures du matin, il y a des jeunes qui sont venus taper à ma porte, soi-disant qu’il y avait l’éboulement. C’est en ce moment qu’on est partis et qu’on a trouvé les secouristes sur place», a-t-elle déclaré.
Selon son récit, la situation aurait ensuite empiré lorsqu’un second effondrement s’est produit alors que des personnes tentaient de porter assistance aux victimes : « Malheureusement, les gens qui sont venus secourir les autres, la décharge s’est effondrée sur eux vers 3 heures du matin », a-t-elle ajouté.
Pour l’heure, l’ampleur réelle du drame reste inconnue. Le nombre de victimes, de disparus et d’habitations éventuellement touchées n’a pas encore été officiellement établi. Sur place, les familles continuent d’attendre des nouvelles de leurs proches, tandis que les recherches se poursuivent.
Gnima Aïssata Kébé










