Un nouvel éboulement survenu dans la nuit du samedi au dimanche 23 août à la décharge de Dar-es-Salam, dans la commune de Gbessia, a plongé plusieurs familles dans la douleur. Provoqué dans un contexte de fortes pluies à Conakry, le drame a fait plusieurs victimes et pourrait encore avoir laissé des personnes ensevelies sous les amas d’ordures.

Au lendemain de la catastrophe, les opérations de recherche et de dégagement se poursuivaient sur le site. Plusieurs unités des forces de défense et de sécurité ainsi que des équipes de secours ont été mobilisées pour tenter de retrouver d’éventuels survivants et sécuriser la zone.

Présente sur les lieux, la ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, Djenabou Touré, a exprimé sa compassion aux familles touchées. Elle a également insisté sur la responsabilité collective face aux risques liés à l’occupation de cette zone : « Nous présentons nos condoléances à toutes les familles éplorées, au nom de Son Excellence Monsieur le président de la République, de son Premier ministre, chef du gouvernement, et en mon nom », a-t-elle déclaré.
Pour la ministre, cette catastrophe intervient alors que les autorités alertent depuis plusieurs années sur les dangers liés à l’installation des populations aux abords de la décharge : « Depuis des années, on espère que les gens puissent quitter cet endroit, parce que vous-même vous voyez le risque de santé que représente cette zone pour la population », a-t-elle rappelé.
Djenabou Touré affirme que des actions de sensibilisation étaient encore menées peu avant le drame. Malgré ces démarches, les populations continuent de fréquenter et d’occuper les espaces considérés comme dangereux.
Face à cette situation, le gouvernement entend désormais prendre des mesures supplémentaires pour mettre les familles exposées à l’abri. La ministre a annoncé la mobilisation de l’Agence de gestion des urgences et des catastrophes humanitaires pour accompagner leur mise en sécurité : « Les dispositions seront prises par le gouvernement pour que les familles qui sont là puissent aller au moins dans des endroits avec l’Agence de gestion des urgences et des catastrophes humanitaires aujourd’hui », a-t-elle annoncé.
Un dispositif de sécurité doit également être renforcé autour du site afin de limiter l’accès aux populations pendant les opérations de secours. La présence de nombreux enfants sur les lieux, alors que les recherches sont en cours, préoccupe particulièrement les autorités : « Des tout petits, des enfants qui continuent de venir même sur le site, au moment où on est en train de rechercher les personnes portées disparues », a déploré la ministre.
Sur le terrain, le lieutenant-colonel Mamadou Baïlo Baldé, chargé de l’assainissement au sein du bataillon du Génie militaire engagé dans les opérations, affirme que les autorités avaient multiplié les interventions pour prévenir un tel drame : « Ce qui est arrivé, c’est malgré nous. J’ai passé presque six mois avec le ministre ici. On ne passe pas une semaine sans venir sensibiliser la population », a-t-il expliqué.
Selon lui, une nouvelle opération avait été menée quelques jours avant l’éboulement : « C’est le mercredi qu’on a quitté ici avec le ministre. On est venu, on a dégagé tout ce qui était là comme pakas pour ne pas que les gens viennent s’installer la nuit », a-t-il précisé.
Des échanges auraient également eu lieu avec les responsables locaux afin de mettre en place des mesures de sécurisation du site : « On a sensibilisé, on a dégagé tout ce qui était là et on a dit aux gens : dans une semaine, nous allons faire la clôture », a ajouté le militaire.
Alors que les secours poursuivent les opérations, aucun bilan définitif n’a encore été confirmé par le responsable militaire: « Je ne peux pas vous confirmer le nombre de décès. Moi, je suis chargé de dégager », a-t-il indiqué.
Le lieutenant-colonel Mamadou Baïlo Baldé a toutefois reconnu la gravité de la situation et les difficultés rencontrées pour empêcher durablement l’occupation de cette zone à risque : « Ce sont les Guinéens qui sont morts, c’est regrettable. On ne souhaitait pas cela, mais on apprend vraiment. Ce n’est pas facile avec la population. On a fait le maximum de nos moyens, on s’est battus pendant plusieurs mois », a-t-il souligné.
En attendant le bilan définitif, les recherches se poursuivent pour retrouver d’éventuelles personnes encore portées disparues. Les autorités annoncent, pour leur part, le renforcement des mesures de sécurité et la mise à l’abri des familles vivant dans cette zone vulnérable.
Gnima Aïssata Kébé










