Les fortes pluies enregistrées dans la nuit du mardi au mercredi 15 juillet 2026 ont provoqué d’importants dégâts dans plusieurs quartiers de Conakry. À Tombolia, précisément au secteur Palmeraie (secteur 1, Plateau), quartier Lansanayah Takoui, un glissement de terrain causé par les eaux de ruissellement a emporté plusieurs habitations, laissant de nombreuses familles sans abri et d’autres sous la menace d’un nouvel effondrement.
Pour faire le constat, notre reporter s’est rendu sur les lieux ce jeudi 16 juillet 2026. Selon les premières constatations, trois maisons ont été entièrement détruites, tandis que plusieurs autres présentent de sérieuses fissures, contraignant leurs occupants à quitter les lieux par mesure de sécurité.
Parmi les victimes figure Alpha Camara, un retraité qui affirme avoir perdu le fruit de plusieurs décennies de travail : « J’ai travaillé comme docker au Port autonome de Conakry pendant 30 ans, et c’est cette année même que je suis parti à la retraite. Les pluies de ces derniers jours ont causé l’éboulement de ma maison. C’est ici, grâce à mes années de dur labeur, que j’avais réussi à bâtir mon unique foyer. Je n’ai nulle part où aller. Je suis père de 11 enfants et j’avais également des locataires ici. J’avais acquis ce domaine en 2003. Cet éboulement a été provoqué par les tuyaux d’évacuation d’eau installés par la société actuellement en charge des travaux routiers dans la zone ; ils auraient dû orienter ces canalisations de l’autre côté. Aujourd’hui, nous avons décidé de partir car c’est trop dangereux, mais nous ne savons pas où aller. C’est pourquoi nous demandons l’aide de l’État. C’était la seule maison de ma vie, et l’eau a tout détruit. »
Également touché par cette catastrophe, l’imam Ratib du secteur, Elhadj Yaya Bangoura, estime que certaines constructions ont aggravé la situation : « Lorsqu’il a commencé à ériger sa clôture, je lui ai demandé de poser un tuyau afin de permettre l’évacuation des eaux de ruissellement. Il l’avait fait au début et tout se passait bien. Mais cette année, il est venu surélever la clôture de quatre rangées de briques. Je lui ai à nouveau demandé de percer des barbacanes pour laisser passer l’eau, mais il ne l’a pas fait. Hier, alors que j’étais sorti, on m’a appelé d’urgence pour m’annoncer que la clôture s’était effondrée sur ma propre maison. »
Malgré les risques persistants, le responsable religieux affirme vouloir rester sur place tout en sollicitant un accompagnement : « Non, nous ne partirons pas. Nous allons implorer Dieu, car c’est Lui qui nous maintient ici. Si nous avions su qu’un tel danger planait, nous n’aurions jamais acheté ce terrain. Nous allons chercher d’autres solutions techniques pour éviter que de tels dégâts ne se reproduisent. C’est pourquoi nous lançons un appel pressant à l’État et aux personnes de bonne volonté pour nous venir en aide. »
Présent sur les lieux, le conseiller de la jeunesse de Lansanayah Takoui, Alseny Camara, explique que les importantes quantités d’eau déversées dans le secteur seraient à l’origine de ce sinistre : « C’est hier matin, aux alentours de 6 heures, qu’un ami m’a appelé pour m’alerter que l’eau était en train d’emporter des maisons. À 7 heures, je me suis rendu sur les lieux et j’ai constaté l’ampleur des dégâts. Les autorités communales, notamment le représentant du maire, se sont rapidement déplacées pour évaluer la situation et prendre des mesures d’urgence. Le véritable problème réside au niveau de la voie ferrée. Depuis la réalisation de certains travaux routiers en amont, les eaux de ruissellement provenant de la zone de la Cimenterie traversent désormais les rails au lieu de suivre les canalisations prévues. Elles se déversent directement dans notre secteur. Le débit de l’eau est devenu beaucoup trop fort pour nos caniveaux existants, ce qui a provoqué cet éboulement majeur. »
Il précise qu’aucune perte en vie humaine n’a été enregistrée, tout en soulignant que plusieurs familles ont dû être évacuées : « Nous dénombrons trois maisons complètement détruites, dont celle de l’imam Bangoura, sur laquelle un mur de clôture s’est effondré, endommageant plusieurs pièces. Heureusement, nous ne déplorons aucune perte en vie humaine, mais de nombreuses familles se retrouvent aujourd’hui sans toit. Des dispositions ont été prises hier par la mairie et la présidente du secteur pour interdire aux habitants des zones à haut risque de passer la nuit dans ces maisons instables. Plusieurs familles ont déjà déménagé d’urgence. Nous demandons instamment au président, le Général Mamadi Doumbouya, et aux autorités compétentes de nous aider à rediriger ces eaux de ruissellement au niveau des rails afin de sécuriser définitivement notre quartier. »

Gnima Aïssata Kébé










