Le ministère du Plan et de la Coopération internationale a abrité, ce mercredi 25 février 2026, la cérémonie officielle de présentation des résultats préliminaires du quatrième Recensement général de la population et de l’habitation (RGPH-4). Les chiffres ont été dévoilés par le directeur général de l’Institut national de statistiques, Dr Makan Doumbouya, avant l’intervention du ministre en charge du Plan, Ismaël Nabé.
Dans un discours solennel, le ministre a rappelé la portée historique de l’exercice : « Il est le moment où une nation s’arrête pour se regarder elle-même, non pas dans le miroir du passé, mais dans la lumière de son avenir. La cérémonie qui nous réunit aujourd’hui appartient à ces instants rares et dépassent la simple publication de statistiques, elle constitue un moment fondateur dans la construction d’un État moderne, un État qui décide sur la base des faits, qui planifie avec rigueur et qui agit avec efficacité au service de ses citoyens. La Guinée a fait un choix clair, celui de replacer la connaissance objective de la réalité nationale au centre de l’action publique, car gouverner sans données fiables, c’est avancer sans boussole. En plaçant la statistique publique au cœur de la refondation de l’État, le président de la République a affirmé une conviction forte. Le développement durable commence par la connaissance précise de son peuple, de ses territoires et de ses dynamiques sociales et économiques. Le RGPH-4 s’inscrit ainsi dans cette vision présidentielle d’un État stratège performant et tourné vers l’avenir. »
Conduit à la périodicité décennale recommandée par les Nations Unies, le RGPH-4 marque, selon le ministre, une rupture méthodologique majeure : « Réalisé dans le respect de la périodicité décennale recommandée par les Nations Unies, le RGPH-4 s’inscrit pleinement dans la continuité des grandes étapes statistiques nationales. Pour la première fois, notre pays a mobilisé de manière systématique les technologies numériques à toutes les étapes du processus, garantissant transparence, sécurité, rapidité et qualité des données produites. Pour la première fois également, des experts internationaux ont accompagné l’opération, renforçant la crédibilité du processus. Et pour la première fois enfin, une enquête post-censitaire rigoureuse a permis d’évaluer systématiquement la couverture, la fiabilité et la qualité du dénombrement conformément aux standards internationaux les plus exigeants. »
Les résultats préliminaires révèlent que la Guinée compte désormais 17 521 167 habitants. La population reste majoritairement jeune, avec une forte proportion de moins de 35 ans, confirmant les enjeux en matière d’éducation, d’emploi, de santé et d’aménagement du territoire. Pour le ministre, ces chiffres constituent un levier stratégique plutôt qu’une finalité : « Les résultats préliminaires que nous venons de présenter constituent une première lecture actualisée de notre nation, une photographie vivante de la Guinée. Ils ne sont pas une finalité, ils sont un point de départ pour mieux planifier nos infrastructures, orienter nos politiques sociales, anticiper les besoins en éducation, en santé, en emploi et en aménagement du territoire, et surtout pour garantir que chaque décision publique repose désormais sur des faits établis et non sur des approximations, car une nation qui connaît sa population est une nation qui maîtrise son destin. »
Le ministre a enfin annoncé la poursuite de réformes structurantes destinées à consolider la gouvernance économique et statistique : « C’est dans cet esprit que le ministère poursuivra d’autres opérations structurantes, notamment le premier recensement général des entreprises et l’actualisation de la mercurialité des prix afin de renforcer la souveraineté économique, éclairer la décision publique et mieux protéger le pouvoir d’achat des populations. Ces initiatives traduisent une transformation profonde, passant d’une gouvernance fondée sur l’intuition à une gouvernance fondée sur l’évidence. Aujourd’hui, la Guinée planifie avec méthode, construit avec rigueur, et s’assume avec ambition. Le RGPH-4 donne à notre nation un outil fondamental. La capacité d’agir avec justesse et équité. Compter sa population, ce n’est pas seulement produire des statistiques, c’est affirmer l’existence collective d’un peuple et donner à l’État les moyens de mieux servir la nation. Que ce jour reste dans notre mémoire collective comme celui où la Guinée a affirmé, avec confiance et lucidité, sa volonté de bâtir son avenir sur la connaissance et la vérité des chiffres. »
Gnima Aïssata Kébé










