Au lendemain du renvoi de l’audience au 23 mars prochain, la défense du Colonel Bienvenu Lamah sort du silence. Entre accusations de faux documents médicaux, et impatience de se confronter aux témoins clés, Me Zézé Kalivogui, membre du collectif d’avocats de l’officier, livre une analyse sur l’évolution de ce procès historique.
Après une série de témoignages livrés à huis clos par plusieurs femmes, la deuxième partie du procès des massacres du 28 septembre 2009 a marqué une pause. Ce mardi 24 février 2026, Me Zézé Kalivogui est revenu sur la stratégie de la défense.
Pour l’avocat, l’aspect du procès est aujourd’hui menacé. Me Kalivogui pointe du doigt la production de preuves qu’il juge frauduleuses de la part de certaines parties civiles : « Des fausses pièces pour obtenir des millions. La plupart des parties civiles viennent actuellement avec de fausses pièces, notamment des documents médicaux. Nous avons officiellement saisi le Procureur général pour dénoncer ces faits », martèle-t-il.
Selon lui, l’espoir d’indemnisation pousserait certains individus à travestir la vérité : « Certains pensent qu’il suffit de dire « j’étais au stade » pour obtenir des millions. Cette attitude décrédibilise le procès et souille la mémoire des véritables victimes de cette atrocité que personne ne conteste. »
Le renvoi au 23 mars est perçu par la défense comme une étape décisive. Ce sera le tour des témoins de passer à la barre, une occasion attendue pour clarifier le rôle exact du Colonel Bienvenu Lamah. L’avocat insiste sur la nécessité d’une confrontation directe avec ceux qui ont porté des accusations, notamment l’ancien aide de camp, Toumba Diakité : « Toumba doit être en première ligne. C’est un droit pour mon client d’être confronté à ceux qui l’ont dénoncé. Jusqu’ici, ce droit lui a été refusé durant l’instruction », regrette Me Kalivogui.
Plus loin, il rappelle que son client aurait dû bénéficier d’un non lieu face au refus de certains témoins de l’affronter à l’époque : « Il est serein car il ne se reproche de rien. C’est une épreuve dure, mais il la surmonte avec une foi sans faille et beaucoup de combativité », conclut son avocat.
Le rendez-vous est donc pris pour le 23 mars 2026.
Gnima Aissata Kébé










