À quelques semaines du début du mois saint de Ramadan, les marchés guinéens font face à une flambée généralisée des prix des denrées alimentaires de grande consommation. Une situation qui inquiète de nombreux ménages, déjà confrontés à la baisse du pouvoir d’achat.
Pour mieux comprendre cette hausse et envisager des pistes de solutions, notre rédaction a rencontré M’bany Sidibé, président de l’Union pour la Défense des Consommateurs de Guinée (UDCG), ce lundi 02 février 2026.
Selon lui, la situation est alarmante aussi bien à Conakry qu’à l’intérieur du pays : « Nous sommes à quelques semaines du début du mois saint du Ramadan. Aujourd’hui, nous constatons dans les différents marchés de Conakry et à l’intérieur du pays, non seulement une augmentation des prix des denrées alimentaires, mais également la rareté de certains produits », a-t-il déclaré.
Le président de l’UDCG cite notamment la viande, dont le prix atteint désormais 70 000 francs guinéens dans plusieurs boucheries de la capitale. À cela s’ajoute la hausse du prix du riz, du sucre, du lait, des pâtes et de l’huile : « Que ce soit le prix de la viande, du riz, du sucre, du lait ou des pâtes, tout a augmenté », déplore-t-il.
Face à cette situation, M’bany Sidibé lance un appel aux autorités : « Nous profitons de l’occasion pour lancer un appel très solennel à l’endroit du gouvernement afin de tout mettre en œuvre pour une baisse rapide des prix des denrées alimentaires », insiste-t-il.
Il appelle également à l’audit et à la renégociation du protocole d’accord signé entre le ministère du Commerce, la Chambre nationale de commerce et la Direction générale des douanes : « Le protocole d’accord, qui avait une durée de trois mois, est aujourd’hui statique, et jusqu’à présent il n’y a eu aucun nouvel accord », regrette-t-il.
Comparant la situation guinéenne à celle de certains pays voisins, le président de l’UDCG s’interroge : « Il y a des pays limitrophes qui ont déjà diminué le prix du riz, du sucre et de l’oignon. Nous ne comprenons pas pourquoi ce n’est toujours pas le cas en Guinée ».
Il sollicite ainsi l’implication directe du chef de l’État : « Le président de la République doit s’impliquer résolument pour la baisse du prix du riz, du sucre, de l’oignon et des pâtes », estime-t-il.
Par ailleurs, l’Union pour la Défense des Consommateurs annonce des actions concrètes sur le terrain : « Nous allons engager des actions auprès des boulangers, des bouchers, de certains importateurs et de toute la chaîne de distribution afin d’obtenir, dans les meilleurs délais, une diminution sensible des prix », a-t-il fait savoir.
En cette période de forte consommation, M’bany Sidibé appelle également à la solidarité et à la vigilance des consommateurs : « Le mois saint du Ramadan est un mois de grande consommation. La solidarité doit être de mise. Nous demandons aussi aux consommateurs de vérifier les dates de fabrication des produits et de ne pas accepter la spéculation sur les prix », conclut-il.
Gnima Aïssata Kébé












