L’audience du jour dans le procès impliquant l’artiste Singleton, poursuivi dans une affaire d’accident mortel de la circulation, a été marquée par des échanges tendus, des contradictions entre le prévenu et un témoin clé, ainsi que des décisions fermes du président du tribunal.
Après le témoignage de la dame Mabinty Touré, il était question de faire la confrontation.
Dès l’ouverture, la confrontation tant attendue entre le prévenu Singleton et la témoin Mabinty Touré a révélé plusieurs divergences dans leurs récits respectifs, notamment sur les conditions météorologiques au moment des faits.
Singleton affirme : « Il y avait une forte pluie, la chaussée était glissante lors de l’accident. »
Mabinty Touré nuance : « Il a plu avant, mais il ne pleuvait pas au moment de l’accident. »
Ces écarts de version ont alimenté les interrogations de la partie civile, qui a cherché à confronter Singleton à ses responsabilités. Face aux questions insistantes, l’artiste a déclaré :
« Je demande pardon parce qu’il y a mort d’homme. Je ne cherche pas de raison. »
L’interrogatoire s’est poursuivi sur des points techniques : la position du véhicule, la crevaison post-accident et l’identité de la personne ayant transporté la victime à l’hôpital, question à laquelle Singleton a répondu ne pas connaître l’intervenant, évoquant simplement « de bonnes personnes » présentes sur les lieux.
La défense a, de son côté, tenté de fragiliser le témoignage de Mabinty Touré. Sous les questions pressantes, la témoin a reconnu ne pas avoir vu l’impact entre le véhicule de Singleton et la victime, ni l’arrivée de la voiture.
Avocat de la défense : « Vous êtes d’accord avec moi que tout ce que vous avez expliqué ici n’était juste que votre pensée ? »
Mabinty : « Oui. »
Une déclaration qui pourrait jouer en faveur de l’accusé, dans un dossier où la matérialité des faits reste sujette à débat.
Autre moment fort de l’audience : la projection d’une vidéo de Singleton, présentée comme un élément de preuve par la partie civile . L’artiste a toutefois réfuté toute corrélation avec l’accident, assurant que la séquence datait de plusieurs jours avant le drame :
« Cette vidéo date de 7 à 8 jours avant l’accident. »
L’artiste a également dû s’expliquer sur la désactivation de son compte Facebook, accusant des signalements orchestrés pour des raisons politiques, avant de se rétracter sous l’insistance de la partie civile.
Interrogé sur l’absence de ceinture de sécurité et la conduite sans permis valide, Singleton a évoqué le contexte particulier de la production d’un clip musical dans son quartier : « Mais ce jour-là, j’étais dans mon quartier pour le tournage. »
Il a terminé son audition en réitérant ses regrets : « Je suis beaucoup touché par ce qui est arrivé. Je demande pardon à la famille Traoré et à tout le peuple de Guinée. »
Alors que la défense a sollicité la mise en liberté provisoire de son client, et que la partie civile a exigé la présentation du véhicule impliqué comme préalable à sa plaidoirie, le président du tribunal a tranché avec fermeté : « Le tribunal rejette la demande de placement du véhicule sous CD, la demande de mise en liberté provisoire et celle de renvoi. »
Il a ensuite ordonné l’ouverture immédiate de la phase des plaidoiries et de la réquisition, malgré l’heure tardive dans la salle d’audience : « La partie civile, vous avez la parole. »
Le procès suit donc son cours.
Gnima Aïssata Kébé












