La famille de Souleymane Touré est plongée dans la douleur et l’incompréhension. Âgé de 27 ans, le jeune homme a été retrouvé mort sous le tunnel d’un immeuble à Sonfonia Gare, à Conakry. Alors que les circonstances de sa mort restent inconnues, sa mère et sa sœur livrent leurs témoignages et appellent à faire toute la lumière sur ce drame.

Pour Aïssata Kamano, la mère de la victime, la disparition de son fils est un choc qu’elle peine encore à surmonter. La veille du drame, rien ne lui aurait laissé présager une telle issue. Souleymane était sorti de la maison après lui avoir annoncé son intention de revenir : « Hier nuit, mon fils s’est habillé. Il m’a dit : “Maman, je reviens”, j’ai dit d’accord. D’habitude, quand il sort, il rentre. Hier nuit, il n’est pas rentré », raconte-t-elle.
Le lendemain matin, alors qu’elle se préparait à se rendre à l’église, un appel de sa directrice l’a alertée. Elle explique avoir ensuite été informée de la présence de son fils dans un trou, sans savoir immédiatement s’il était vivant ou mort : « On m’a dit que : “Ton enfant est dans un trou là-bas, mais on ne sait pas s’il est mort.” Après, il y a une femme qui loge à côté, elle est venue me dire : “Du courage, maman, Allah ha ya fama.” C’est comme ça que j’ai appris la nouvelle », témoigne-t-elle, encore bouleversée.
Selon sa mère, Souleymane Touré ne s’était plaint d’aucun problème particulier avant sa sortie. Bien que la famille ait déménagé à Kokoma, le jeune homme continuait de fréquenter Sonfonia Gare, un quartier où il avait ses habitudes : « Il ne se plaignait de rien. Il est parti manger, se laver, s’habiller très bien, il a porté ses souliers, il est sorti. Selon les gens qui l’ont vu, qu’il est blessé, que le sang coulait, on l’a jeté dans le trou là-bas», affirme Aïssata Kamano.
Ces affirmations, qui n’ont pas été établies de manière indépendante, ne permettent toutefois pas de déterminer les circonstances exactes du décès : « Je réclame la justice »
Au-delà des circonstances de cette disparition, c’est toute une famille qui se retrouve confrontée à une perte brutale. Souleymane Touré était le benjamin d’une famille de deux enfants. Né le 20 octobre 1999, il venait de célébrer son 27ᵉ anniversaire. Son parcours scolaire s’était arrêté après l’obtention du baccalauréat.
Désemparée, sa mère exprime son désarroi et demande que les circonstances de la mort de son fils soient élucidées : « Je réclame la justice. J’ai deux enfants. Il était le benjamin, il venait d’avoir ses 27 ans. Il est né le 20 octobre 1999. Il n’avait pas fini ses études. Il s’est limité au bac. C’est moi qui suis perdante. Qu’est-ce que je peux ? Je ne peux rien maintenant. Dieu est là. Dieu est le grand juge », confie-t-elle.
La sœur de la victime partage les mêmes interrogations. Elle affirme ne pas connaître les circonstances dans lesquelles son frère a perdu la vie. Les informations dont elle dispose proviendraient notamment d’un ami du jeune homme.
Selon le récit qui lui aurait été rapporté, Souleymane se trouvait dans un café-bar tenu par un proche, en compagnie d’autres personnes, lorsque des agents des forces de l’ordre seraient arrivés sur les lieux. Les personnes présentes se seraient alors dispersées, sans qu’aucune interpellation ne soit signalée, selon cet ami: « Il était blessé. Le sang coulait de ses narines. Il y a un café-bar que son grand tient. Ils étaient tous assis là-bas. Que les agents des forces de l’ordre sont arrivés. Ils se sont dispersés. Selon ce que son ami m’a dit, aucun n’a été pris. C’est le matin maintenant qu’on a trouvé son corps. On ne sait pas comment et ce qui est arrivé à mon frère », explique-t-elle.
Pour l’heure, les circonstances précises de la mort de Souleymane Touré restent à établir.
Gnima Aïssata Kébé










