La tension monte entre les enseignants contractuels de Conakry et l’Intersyndicale de l’éducation, composée de la FSPE, du SLECG et du SNE. La Coordination des enseignants contractuels de la zone spéciale de Conakry annonce le boycott des cours dans les établissements publics. Réunis ce mercredi 14 octobre 2026 à la Bourse du travail, ses responsables dénoncent l’impasse autour de leur intégration à la Fonction publique et réclament l’application du protocole d’accord du 3 janvier dernier.

Face à ce qu’il considère comme un abandon de leur dossier, le coordinateur général de la structure, Lathis Ibrahim Salim, a exprimé son mécontentement après l’échec d’un sit-in prévu devant le ministère de la Fonction publique, dont les abords étaient fortement sécurisés : « C’est avec un cœur rempli de déception que la Coordination des enseignants contractuels de la zone spéciale de Conakry s’adresse aujourd’hui à l’opinion publique, suite à la trahison de l’Intersyndicale de l’éducation et au non-respect du protocole d’accord du 3 janvier 2026. À ce jour, nous informons l’ensemble des enseignants contractuels de Conakry que notre dossier a été purement et simplement abandonné. Notre coordination exige sans délai l’application stricte de cet accord », a-t-il déclaré.
Pour faire pression sur les autorités, la coordination appelle ses membres à quitter les salles de classe jusqu’à la satisfaction de leurs revendications. Elle insiste sur la nécessité d’une évaluation pratique des enseignants, conformément aux engagements pris dans le cadre des négociations avec le gouvernement : « Le septième point de ce protocole prévoit l’engagement des enseignants contractuels à la fonction publique par la voie d’un concours pratique en classe. Nous demandons donc à tous les contractuels de la zone spéciale de Conakry de déserter les salles de classe jusqu’à la satisfaction intégrale de nos revendications. On ne peut évaluer la valeur d’un enseignant qu’en situation de classe », a affirmé Lathis Ibrahim Salim.
Le collectif estime que sa situation mérite une attention particulière, alors que le dossier de 4 535 enseignants contractuels communaux non retenus serait en voie de règlement. Il souligne que les contractuels concernés à Conakry sont moins de 2 000, dans un contexte où les besoins en personnel enseignant restent importants.
Au-delà de l’Intersyndicale, les enseignants interpellent le président de la République, Mamadi Doumbouya, et le Premier ministre, Bah Oury, afin qu’ils interviennent personnellement pour débloquer une situation qui, selon eux, perdure depuis 2018 : « Nous attirons l’attention du Président et du chef du Gouvernement afin qu’ils prennent cette situation en main. C’est une crise qui dure depuis 2018. Si le problème des contractuels communaux est en voie de résolution, pourquoi pas le nôtre ? Nous exigeons avec la dernière énergie l’application du protocole d’accord, car l’État s’était engagé à organiser ces épreuves pratiques », a lancé le coordinateur général.
La coordination invite également les responsables syndicaux à reprendre leur combat en faveur de l’intégration des contractuels de Conakry. Pour appuyer leur demande, ses membres mettent en avant le déficit d’enseignants dans le système éducatif guinéen : « Les besoins dans l’enseignement pré-universitaire s’élèvent à 18 000 enseignants, et l’État affirme ne pouvoir en recruter que 8000 pour le moment. Alors que Conakry compte moins de 2 000 contractuels, pourquoi ne pas les évaluer sur le terrain ou, à défaut, les intégrer sans condition ? », s’est interrogé Lathis Ibrahim Salim.
En attendant une réponse des autorités, les contractuels maintiennent la pression et conditionnent leur retour dans les salles de classe à l’aboutissement de leurs revendications.
Gnima Aïssata Kébé










