À l’occasion de la plénière extraordinaire de l’Assemblée nationale, tenue le lundi 3 août 2026, le ministre du Plan et de la Coopération internationale, Ismaël Nabé, a dressé un tableau qu’il juge encourageant de la situation économique du pays. Devant les députés, il a également annoncé l’aboutissement des travaux préparatoires à la mise en place d’un fonds souverain destiné à soutenir les investissements stratégiques et à renforcer la stabilité économique de la Guinée.
Dans son intervention, le ministre a estimé que les principaux indicateurs macroéconomiques traduisent une amélioration de la santé financière du pays et renforcent son attractivité auprès des partenaires techniques et financiers : « Nous devons travailler d’arrache-pied. La Guinée, Dieu merci aujourd’hui, grâce au chef de l’État, toutes les indications sont au vert. Avec le rebasage que nous avons fait avec notre produit intérieur brut, la Guinée, notre produit intérieur brut est passé de 20 milliards, nous sommes à 36 milliards. Une augmentation de 51,2 %. »
Le ministre a également souligné que le niveau d’endettement du pays demeure parmi les plus faibles de la sous-région, tout en mettant en avant la baisse de l’inflation et les perspectives de croissance : « Notre dette est de 40 %, qui est le moins dans l’Afrique de l’Ouest. Quand vous avez vu que la Guinée, notre économie a grandi, c’est parce qu’on a fait le rebasage. Notre inflation a été calculée à Conakry, mais on a calculé l’inflation un peu partout en Guinée, qui était 7 %, nous sommes à 3 % aujourd’hui. Et notre croissance est estimée à deux chiffres l’année prochaine. Tous ces éléments-là nous aident aujourd’hui d’aller sur le marché et ce qui attrape les partenaires pour venir ici aujourd’hui. »
Selon Ismaël Nabé, ces résultats permettent à la Guinée de susciter un intérêt grandissant de la part de plusieurs pays partenaires, notamment pour le financement de projets d’infrastructures à fort impact économique : « Un pays en transition. C’est du jamais vu. L’Angleterre, la France, la Pologne, l’Allemagne, ils viennent en Guinée pour financer des projets structurants, mais des projets marchands. »
Le ministre est également revenu sur le projet de création d’un fonds souverain, présenté comme un instrument stratégique pour accompagner les investissements, notamment dans le cadre du développement du programme Simandou : « Autre chose sur laquelle nous avons vraiment été interpellés, c’est la création d’un fonds souverain. En traitant le programme Simandou, il a été réfléchi dès le départ de faire un fonds souverain. Le fonds souverain peut dérisquer l’investissement. Si quelqu’un vient en Guinée pour investir, le fonds souverain peut réinvestir avec une tierce personne. »
Il a assuré que les études techniques sont désormais achevées et que le gouvernement soumettra prochainement le dossier à l’Assemblée nationale: « Soyez rassurés, on a travaillé sur ça pendant une année. Les indicateurs du fonds souverain étaient prêts, on va saisir l’Assemblée nationale pour finaliser le fonds souverain. Parce que la carte d’identité du fonds souverain est analysée. On sait combien on va mettre dans le fonds souverain, on sait où sera l’ancrage du fonds souverain, on saura quel type de fonds nous voulons avoir : un fonds pour l’investissement, un fonds pour la génération future, mais surtout un fonds qui va stabiliser notre économie. Voilà la carte d’identité du futur fonds souverain guinéen. »
Abordant enfin la question des évacuations sanitaires, le ministre a annoncé l’avancement du projet de construction et d’équipement de quatre hôpitaux régionaux, financé dans le cadre d’un crédit export avec BPI France. L’objectif affiché est de réduire les coûts importants liés aux évacuations médicales à l’étranger: « Avec BPI France, les 4 hôpitaux régionaux sont sur le crédit export. Aujourd’hui, la Guinée évacue plus de 10 millions de dollars que nous dépensons pour évacuer les gens à l’extérieur. Désormais, Kindia, Labé, Kankan, Nzérékoré auront des hôpitaux régionaux qui sont aujourd’hui : Kindia et Labé sont à peu près à 30 à 40 %. »
Gnima Aïssata Kébé










