Nommé par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour favoriser la reprise du dialogue avec les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), l’ancien Premier ministre guinéen, Lansana Kouyaté, a présenté le rapport de ses premières démarches aux chefs d’État et de gouvernement réunis à l’occasion du 69ᵉ Sommet ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement, tenu à Lungi, en Sierra Leone.
À l’issue de cette rencontre, l’ancien secrétaire exécutif de la CEDEAO a accordé un entretien à Infochrono, au cours duquel il est revenu sur les principaux enseignements de sa mission et les perspectives de rapprochement entre les deux organisations : « Dès que j’ai été investi, j’ai rencontré le président du Burkina Faso qui m’a réservé un accueil très fraternel et très chaleureux. Les représentants du Niger et du Mali étaient également présents, et la réunion s’est très bien déroulée. Comme cela a été dit, il faut simplement que les deux parties disposent d’accords de coopération. Eux aussi sont prêts. Dès lors qu’ils ont exprimé cette volonté, ils ont demandé la mise en place d’une équipe de négociation et l’élaboration des points qui seront discutés lors des échanges avec la CEDEAO. Cela a été fait », a-t-il expliqué.
Lansana Kouyaté indique avoir participé aux travaux préparatoires menés par les autorités de l’AES en vue de ces futures discussions : « J’ai moi-même eu le privilège d’assister à la réunion ministérielle organisée autour du ministre des Affaires étrangères, avec l’ensemble des départements concernés par les négociations. Les pays de la région font face aux mêmes défis sécuritaires. La menace est particulièrement forte au Burkina Faso, mais elle touche également les autres États. Depuis plusieurs années, le Nigeria est lui aussi confronté à cette réalité. Ces deux entités partagent beaucoup de choses et, face à cette situation, il faut trouver une solution », a-t-il souligné.
Selon l’ancien Premier ministre, le mandat qui lui a été confié consiste avant tout à recréer un cadre de coopération entre la CEDEAO et les États de l’AES : « La CEDEAO m’a confié une mission : trouver des solutions de coopération entre les deux entités. Le moment viendra où il faudra aborder d’autres questions, mais il est important de franchir cette première étape avant d’aller plus loin », a-t-il affirmé.
Tout en saluant la volonté de dialogue affichée par les pays de l’AES, Lansana Kouyaté estime que le processus reste en cours et appelle à la patience : « La mission n’est pas totalement accomplie. Il ne faut pas se précipiter. Tant que le travail n’est pas terminé, il faut avancer lentement, pas à pas, pour parvenir à un résultat. La prochaine étape consistera à poursuivre les échanges avec la CEDEAO. Mais ce dont je suis sûr, c’est qu’ils sont prêts à discuter », a-t-il conclu.
Gnima Aïssata Kébé










