La contestation se poursuit dans la commune de Dixinn après l’élection du nouvel exécutif communal. Ce lundi 6 juillet 2026, un groupe de femmes, arborant des foulards rouges, a organisé une manifestation pour exprimer son désaccord avec le processus ayant conduit à la désignation de la nouvelle maire.

Réunies dans un quartier de la commune, les manifestantes ont dénoncé ce qu’elles qualifient d’irrégularités ayant entaché le scrutin. Elles demandent aux autorités de la transition et à la Direction générale des élections (DGE) de réexaminer le dossier. Leur principale revendication reste l’accession du candidat indépendant du mouvement ‘’Dixinn Won Yètèfé ‘’, Abdoul Rahibou Sacko, à la tête de la mairie ou, à défaut, la reprise de l’élection.
Prenant la parole au nom des protestataires, M’mah Conté, deuxième sur la liste indépendante Dixinn Won Yètèfé ,a expliqué les raisons de cette mobilisation :

« Nous voulons attirer l’attention du président Mamadi Doumbouya sur les magouilles qui se passent à Dixinn pour lui dire que nous ne sommes pas d’accord avec la nomination de la maire. Nous ne sommes pas là pour créer des troubles ; nous sommes simplement venues exprimer notre mécontentement, pour dire aux autorités et à la DGE que nous ne sommes pas d’accord avec le résultat ni avec les onze procurations. En plus, parmi la nouvelle équipe, il y a deux personnes qui sont illettrées. Or, dans la nouvelle Constitution, il est mentionné qu’une personne qui n’est pas instruite ne doit pas figurer dans le bureau exécutif communal. C’est la raison pour laquelle nous attirons l’attention des autorités. Nous ne sommes pas contre la GMD ; au contraire, nous avons même battu campagne pour Mamadi Doumbouya », a-t-elle déclaré.
Poursuivant son intervention, elle a également dénoncé ce qu’elle considère comme une influence déterminante dans la composition des nouvelles autorités communales : « Il y a une personne qui s’est approprié la commune de Dixinn. C’est elle qui décide et qui nomme qui elle veut à Dixinn. Elle nous a également affirmé que celle qui a été élue à la tête de la commune est son choix personnel. Pourtant, il y a trois équipes à Dixinn : Dixinn Won Yètèfé, la GMD et l’UDG de Mamadou Sylla. S’ils voulaient réellement qu’il y ait une entente, ils pouvaient au moins attribuer deux postes à Dixinn Won Yètèfé et deux autres à l’UDG. Comme ça, il y aurait eu une entente. Mais au lieu de cela, ils se sont partagé tous les postes stratégiques entre eux, sans nous accorder deux postes. C’est pourquoi nous sommes sorties exprimer notre mécontentement, sans insulter qui que ce soit, parce que nous ne sommes vraiment pas d’accord », a-t-elle soutenu.
Sur les lieux de la manifestation, Kadiatou Conté a, de son côté, estimé que le candidat indépendant Abdoul Rahibou Sacko a été écarté de manière injuste au cours du processus : « Nous ne sommes pas d’accord. On a volé le candidat Sacko Abdouraya. Aujourd’hui, on voit une autre personne que nous ne connaissons pas et qui ne connaît pas Dixinn. Comment cette personne peut-elle gérer Dixinn ? Nous sommes donc sorties pour exprimer notre mécontentement et revendiquer le retour de Sacko à la tête de la mairie. Pendant les élections, Sacko avait été retenu. Ensuite, ils ont dit qu’ils allaient voter entre eux à la commune pour élire le maire, et c’est comme ça qu’on l’a écarté », a-t-elle affirmé.
Évoquant la question des procurations, également au cœur de la contestation, elle a ajouté : « D’après ce que j’ai entendu, ils ont dit que les gens pouvaient voter par procuration. Au départ, il était question de trois procurations, mais eux se sont retrouvés avec onze, raison pour laquelle Sacko a démissionné. Avec ces procurations, des personnes absentes ont finalement été représentées. Normalement, lorsqu’une partie n’est pas d’accord, on doit lui accorder 24 ou 48 heures pour se retrouver. Mais, à notre grande surprise, vers 19 heures, nous avons appris qu’ils avaient élu leur maire en l’absence de Sacko. Nous demandons donc soit le retour de Sacko, soit la reprise des élections, parce que nous ne sommes pas d’accord », a-t-elle dénoncé.
Gnima Aïssata Kébé










