Agir vite, réformer durablement. En quelques mois à la tête du ministère de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation (MCENI), Mourana Soumah économiste de base imprime un rythme soutenu à un département considéré comme l’un des leviers stratégiques de la transformation de la Guinée. Entre grands projets d’infrastructures, diplomatie numérique, modernisation des médias publics et réformes institutionnelles, le ministre déploie une méthode fondée sur l’action, le suivi et la recherche de résultats mesurables.
Dans un contexte où le numérique est devenu un facteur déterminant de compétitivité, de souveraineté et d’attractivité économique, le défi est immense. Il ne s’agit plus seulement de connecter les territoires, mais de préparer l’administration, les entreprises et les citoyens à évoluer dans une économie de plus en plus digitalisée.
Depuis son arrivée au MCENI, Mourana Soumah a choisi d’accélérer. À travers une série de missions à l’étranger, il a multiplié les contacts avec des partenaires susceptibles d’accompagner les ambitions de la Guinée dans les domaines des télécommunications, de l’innovation et de la transformation numérique.
En Algérie, les échanges ont permis de consolider la coopération dans les secteurs de la communication, de l’audiovisuel et des infrastructures numériques. Au Kenya, souvent présenté comme l’un des laboratoires technologiques du continent africain, la délégation guinéenne s’est intéressée aux expériences réussies de digitalisation des services publics et de développement de l’économie numérique.
Mais c’est en Chine que cette stratégie d’ouverture a pris une dimension particulièrement concrète. Les discussions engagées avec le géant technologique Alibaba ont débouché sur la préparation d’une mission d’évaluation en Guinée et sur le lancement d’un processus technique destiné à accompagner la modernisation du secteur postal. Un projet qui s’inscrit dans une vision plus large de transformation des services publics à travers les outils numériques.
Sur le plan national, le lancement du projet de second câble sous-marin international MEDUSA constitue sans doute l’une des décisions les plus marquantes de ce début de mandat. Treize ans après l’arrivée du câble ACE, d’autres discussions sont en cours avec d’autres opérateurs pour un troisième câble Sous-marin à l’orée 2029, la Guinée aura 3 câbles sous-marin. Cette nouvelle infrastructure représente un investissement stratégique pour l’avenir numérique du pays. En diversifiant ses points d’accès à l’internet mondial, la Guinée renforce sa souveraineté numérique, améliore la résilience de son réseau et crée les conditions d’une meilleure qualité de service pour les entreprises comme pour les citoyens.
Cette volonté de préparer l’avenir se retrouve également dans l’intégration des priorités du ministère au programme Simandou 2040. Sous l’impulsion du ministre, les différentes directions du département ont été réunies autour d’un exercice de pilotage visant à transformer les ambitions stratégiques en plans d’action opérationnels. Une démarche qui privilégie l’exécution et la responsabilisation plutôt que la simple planification.
L’autre marqueur de cette gouvernance réside dans l’attention accordée aux infrastructures publiques. La pose de la première pierre du futur siège regroupant l’Agence Guinéenne de Presse, le quotidien Horoya, la Radio Rurale de Guinée et le Fonds d’Appui au Développement des Médias traduit la volonté de doter les médias publics d’outils modernes adaptés aux exigences actuelles. À cela s’ajoute le projet SimandouTV, conçu comme un espace dédié à la formation, à la production audiovisuelle et à l’innovation.
Au-delà des bâtiments et des équipements, c’est aussi la culture administrative que le ministre cherche à faire évoluer. Au sein des établissements publics placés sous tutelle, les réformes engagées reposent sur le diagnostic des besoins, l’évaluation des performances et le suivi régulier des résultats. À l’Office Guinéen de Publicité comme dans d’autres structures, l’objectif est d’améliorer l’efficacité des services et de renforcer leur contribution à l’action publique.
Le secteur postal n’est pas en reste. Avec TELEMO, une nouvelle ère s’ouvre, fondée sur une transparence absolue, une traçabilité rigoureuse et une équité totale. Ce dispositif permet désormais à chaque entrepreneur, sur l’ensemble du territoire national comme à l’étranger, de participer librement au développement du pays, dans un environnement où l’égalité des chances, la confiance et la bonne gouvernance constituent les principes directeurs.
Cette dynamique repose enfin sur une méthode de management caractérisée par la proximité et la présence sur le terrain. Réunions hebdomadaires, missions d’évaluation, contrôle de l’avancement des projets et échanges directs avec les agents rythment l’action du département. Les visites effectuées à Kindia et dans d’autres localités illustrent cette volonté de confronter les décisions administratives aux réalités vécues par les services déconcentrés et les populations.
Si le temps est encore trop court pour mesurer pleinement l’impact de toutes les réformes engagées, une tendance se dessine déjà : celle d’un ministère qui cherche à passer de l’intention à l’exécution. Dans une administration souvent confrontée à la lenteur des procédures, la méthode MouranaSoumah repose sur une idée simple : accélérer aujourd’hui pour transformer durablement demain.
À travers cette approche, le MCENI tente de se positionner comme l’un des moteurs de la modernisation de l’État, avec l’ambition de faire du numérique non plus un secteur parmi d’autres, mais un véritable accélérateur du développement de la Guinée.










