La Cour d’appel de Conakry a servi de cadre, ce jeudi 9 avril 2026, à la cérémonie de passation de service entre le premier président sortant, Alphonse Charles Wright, désormais procureur spécial près la CRIEF, et le procureur spécial sortant, Aly Touré, nommé premier président près la cour d’appel de Conakry .

Prenant la parole, Alphonse Charles Wright est revenu sur la confiance renouvelée du chef de l’État : « Avant de renouveler encore une fois sa confiance, Monsieur le président de la République, Monsieur Mamadi Doumbouya, a bien voulu me confier dans un bref délai, puisque je n’ai fait que trois mois. Je suis venu comme premier président à la cour d’appel de Conakry. »

S’adressant directement à son successeur, il a mis en avant les spécificités et les exigences de la Cour d’appel de Conakry, tout en plaidant pour un management inclusif : « Ouvrez la main à tout le monde, ne la fermez pas prenez en compte les magistrats, les greffiers, les secrétaires. C’est ensemble que vous pourrez booster le fonctionnement de la cour. »

Alphonse Charles Wright a, par ailleurs, évoqué les réformes engagées durant son passage, notamment en matière de célérité dans le traitement des dossiers : « On a pu imposer cette rigueur la gestion des dossiers dans un délai raisonnable, c’est cela la justice. » Il a aussi rappelé la mise en place d’outils innovants, dont une base de données permettant aux justiciables de suivre leurs dossiers, ainsi que la suppression des intermédiaires informels au sein de la juridiction.
Endossant ensuite son nouveau rôle de procureur spécial près la CRIEF, il a tenu un discours sur la lutte contre : « La corruption est une pratique qui peut venir d’une seule personne ou de deux. Elle est présente dans toutes les administrations. Vu sa dangerosité, la loi doit s’appliquer dans toute sa rigueur à tout agent public, à quelque degré que ce soit. »
Dans cette dynamique, il a annoncé la mise en place d’un numéro vert dédié aux dénonciations : « Un numéro vert est désormais disponible le 627 80 17 17, qui est le numéro du parquet spécial mis à votre disposition. »
Affirmant sa détermination, il a averti : « Ne soyez pas surpris demain qu’un ministre actuel puisse passer devant la CRIEF, personne ne sera épargné. La loi est plus forte que nous tous, nul n’est au-dessus de la loi. »
Il a également promis de montrer l’exemple en procédant à la déclaration de ses biens : « Je commencerai par moi-même chacun doit se prêter à cet exercice. »
Enfin, Alphonse Charles Wright a insisté sur les conséquences concrètes de la corruption sur la vie des citoyens : « Un franc détourné, c’est une femme enceinte qui décède à Kouroussa ,nous jouons avec l’avenir de nos propres enfants. »
Gnima Aïssata Kébé










