À l’occasion de la Journée internationale du zéro déchet célébrée ce lundi 30 mars, la problématique de la gestion des déchets, notamment plastiques, revient au cœur des préoccupations. Dans ce contexte, notre rédaction a rencontré le journaliste environnementaliste Aliou Diallo, qui livre une analyse de la situation, tant à l’échelle mondiale que nationale.

D’entrée, Aliou Diallo souligne la portée universelle de cette journée :
« C’est une journée qui intéresse tout le monde, toutes les couches, toutes les parties prenantes, que ce soit décideurs, citoyens simples, activistes et chercheurs, voire même spécialistes ou scientifiques, dans la mesure où, quand on parle de déchets, on a plusieurs types de déchets et ces déchets sont produits par les êtres humains. C’est une journée qui nous permettra de prendre conscience de la situation que nous vivons. »
Évoquant le cas spécifique de la Guinée, il dresse un constat préoccupant, marqué par la forte présence des déchets plastiques, notamment dans la capitale : « Le contexte guinéen, c’est un contexte presque similaire à beaucoup d’autres pays. Dans la ville de Conakry particulièrement, on rencontre les déchets plastiques un peu partout. Ces déchets sont aujourd’hui des éléments avec lesquels nous vivons. La Guinée n’a pas encore pu endiguer cette problématique des déchets, même s’il y a certaines actions qui sont déjà mises en place. Il y a de l’espoir, même si pour l’instant, l’espoir n’a pas encore atteint l’objectif que nous sollicitons. »
Sur les causes de cette situation, le journaliste met en avant plusieurs facteurs, notamment le déficit d’éducation environnementale et le manque de coordination entre les acteurs : « Les principales causes sont liées souvent à un manque de volonté, et à une mauvaise éducation environnementale. Et aussi à l’insouciance des citoyens. Il y a également un manque de coordination, un manque de synergie d’action que ce soit citoyen, décideur, voire même des scientifiques. Aujourd’hui, les actions concrètes ce sont des actions de coordination et de changement de comportement. Sensibiliser, informer, éduquer les citoyens. Mais aussi penser que les ordures peuvent être des sources d’opportunités et des sources d’emplois. »
Dans cette dynamique, Aliou Diallo insiste sur le rôle stratégique des jeunes dans la promotion du zéro déchet : « Les jeunes peuvent être des acteurs clés parce que les jeunes sont la main d’œuvre active. Quand ces jeunes sont au-devant ça peut permettre d’avoir zéro déchet. Mais également, ces jeunes peuvent créer l’emploi vert. En Guinée, il y a plusieurs initiatives même si insuffisantes. Il y a des jeunes dans le recyclage d’autres font les déchets plastiques en charbon écologique. »
Enfin, il alerte sur les conséquences sanitaires et environnementales de la mauvaise gestion des déchets, tout en appelant à une responsabilité partagée : « L’impact est énorme. Les déchets plastiques mal gérés peuvent amener à avoir des maladies diarrhéiques cardiovasculaires et un réchauffement du climat. Côté environnement, ça va carrément dégrader les terres non propices à l’agriculture. J’appel à une synergie d’action concrète. Cette responsabilité n’incombe pas une seule entité c’est tout le monde. Les citoyens doivent se sentir responsables. Il faut une politique nationale de gestion des déchets et aller vers l’organisation des états généraux sur la question des déchets en Guinée. »
Gnima Aïssata Kébé










