Le ministre des Affaires étrangères a animé une conférence de presse ce jeudi 26 février 2026, largement consacrée à plusieurs questions, dont diplomatiques entre la Guinée et l’Allemagne sur fond de coopération migratoire et de gestion des expulsions de ressortissants guinéens.

Face aux interrogations des journalistes, le chef de la diplomatie guinéenne a tenu à clarifier la position du gouvernement, en présence de l’ambassadeur accrédité à Conakry : « Ce ne sont pas des exclusions n’importe quoi. J’ai expliqué, et l’ambassadeur est là, que ceux qui viennent ici, ce sont ceux qui ont épuisé tous les recours. Il ne reste plus qu’à rester en prison, ou à être renvoyés d’ailleurs. Nous avons choisi, vous êtes accueillis », a-t-il déclaré.

Sans livrer de données chiffrées précises, le ministre a laissé entendre que les retours de migrants guinéens ne constituent pas un phénomène inédit : « Je ne peux pas donner le nombre de personnes qui ont été renvoyées dans ce pays avant nous. Si je le donne, vous allez se sauter. Je ne vais pas donner ce chiffre-là, parce que je ne veux pas faire de polémique. On peut parler de 6 000 », a-t-il affirmé.
Évoquant des accusations de mauvais traitements présumés à l’encontre de ressortissants guinéens, le ministre a plaidé pour un examen conjoint avec les autorités allemandes : « Avec l’Allemagne, j’ai dit qu’il faut faire une pause, pour qu’on voit clair. Il y a les Guinéens qui ont dit qu’ils auraient été molestés. On va inquiéter ensemble, pour voir si ça, ça a été fait. »
Il a insisté sur la nécessité de maintenir le dialogue bilatéral afin de préserver la qualité des relations diplomatiques : « Nous allons continuer à discuter, pour voir comment nos relations peuvent être bonnes dans l’application du chiffre-là, pour que toutes les deux parties soient satisfaites. C’est ça la diplomatie. »
Dans un contexte international marqué par le durcissement des politiques migratoires, le ministre a rappelé que ni la Guinée ni l’Allemagne ne détiennent une position de toute-puissance : « Nous ne sommes pas tous puissants. L’Allemagne n’est pas toute puissante. Chacun a ses droits, chacun a ses règles. Il faut négocier. Nous allons négocier pour le bien de nos compatriotes qui sont là-bas, et qui sont dans des situations difficiles. »
Il a également souligné les limites de la communication gouvernementale sur un dossier sensible : « Nous avons un problème avec nos compatriotes. Nous avons des limites. Nous ne pouvons pas tout dire. C’est le monde entier qui nous regarde », a-t-il expliqué.
Il a tout de même rappelant que d’autres pays sont confrontés à des vagues d’expulsions, citant notamment : « Un pays au nord de l’Afrique, ayant enregistré 7800 expulsés ».
Dans cette logique, il a appelé à ne pas concentrer les critiques sur un seul partenaire : « Ce n’est pas la peine d’indexer l’Allemagne. C’est l’Union Européenne. C’est les autres pays qui ne veulent pas les gens. Les gens sont fâchés parce que j’ai du pain. Si j’avais dit non, on ne voudrait pas de l’Allemagne… », a-t-il conclu.
Gnima Aïssata Kébé










