À l’occasion de la présentation officielle des résultats préliminaires du quatrième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-4), le Premier ministre, Amadou Oury Bah, a réaffirmé la portée stratégique de cette opération statistique pour l’avenir institutionnel et économique de la.
Présent à la cérémonie, le chef du gouvernement a inscrit l’exercice dans la logique de refondation engagée depuis le début de la transition : « C’est un des piliers fondamentaux du chronogramme qui vient d’être terminé. Donc c’est un grand pas pour la République dans le cadre de sa refondation », a-t-il déclaré.
Pour le Premier ministre, l’organisation du RGPH-4 ne relevait nullement d’une manœuvre dilatoire, comme certains l’avaient insinué au début de la transition :
« Au début de la transition, les gens se disaient pourquoi aller dans le sens de l’organisation du recensement général de la population… C’était une façon de gagner du temps. Or, ce qui a été indiqué dès le début, nous allons dans le sens de la refondation, dans une dynamique de state building », a-t-il expliqué.
Selon lui, les transitions successives, sans diagnostic approfondi des causes structurelles des crises, exposent les États à une instabilité chronique : « D’une transition à une autre, sans au préalable ausculter les causes des crises récurrentes, c’était courir le risque de revenir encore à une autre transition », a-t-il averti.
Les résultats préliminaires font état de 17,5 millions de personnes vivant en Guinée. Un chiffre que le chef du gouvernement a tenu à contextualiser : « Il faut qu’on fasse comprendre à nos compatriotes, cela ne veut pas dire qu’il y a 17,5 millions de Guinéens. Il y a 17,5 millions de personnes qui vivent en République de Guinée. Et dans le RGPH-4, la diaspora n’est pas comprise », a-t-il précisé.
Les statistiques affinées permettront, selon lui, d’estimer plus précisément le nombre de citoyens guinéens, y compris à l’étranger : « Nous pouvons faire plus de 20 millions, 22, 23, 24 millions de Guinéens répartis à travers le monde », a-t-il avancé.
Le Premier ministre s’est particulièrement attardé sur les dynamiques démographiques régionales. Les préfectures de Siguiri, Kankan et Mandiana apparaissent parmi les plus peuplées, en raison notamment de l’attractivité des zones d’orpaillage : « Cette région constitue un aimant pour l’orpaillage… nous avons indispensablement besoin de politiques structurelles fortes pour répondre à ces problématiques de zone d’orpaillage où l’afflux des populations doit être mieux régulé », a-t-il souligné.
Il a également relevé le déséquilibre du taux de masculinité dans ces zones minières : « Les hommes vont à la recherche de l’or… Ils sont nettement plus nombreux que les femmes dans cette partie du territoire national avec tout ce que cela implique », a-t-il fait remarquer.
Le chef du gouvernement a également évoqué la situation particulière de Pita, caractérisée par un faible taux de masculinité : « La plupart des gens de Pita sont à Dakar, sont ailleurs. Ils sont à l’étranger. L’écrasante majorité de la population est en campagne », a-t-il observé.
D’où la nécessité d’investir massivement dans le monde rural. À ce titre, il a salué l’appui du système des Nations unies pour l’installation d’une centrale solaire à Tianguelboury, estimant que ce type d’initiative contribue à fixer les populations et à améliorer leurs conditions de vie.
En conclusion, le Premier ministre a insisté sur la portée opérationnelle du RGPH-4 : « Le fait du RGPH-4, ce n’est pas un exercice. C’est un guide qui permet à un gouvernement responsable de savoir ce qu’il faut faire et comment il faut le faire pendant qu’il est temps », a-t-il martelé.
Gnima Aïssata Kébé










