À travers une conférence de presse tenue ce jeudi, le Collectif des personnes handicapées diplômées sans emploi en Guinée a exprimé son profond malaise face à ce qu’il considère comme une marginalisation persistante dans l’accès à la fonction publique. Ces jeunes diplômés, en situation de handicap, dénoncent des barrières structurelles et sociales qui freinent leur insertion professionnelle, malgré leurs qualifications académiques.
Interpellé sur la question ce vendredi 13 février 2026, le porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, a reconnu la légitimité des revendications portées par le collectif : « Pour les personnes en mobilité réduite, ils ont raison. Notre société a très longtemps fermé les yeux à l’handicap. On a considéré les personnes en mobilité réduite ou les personnes handicapées, que ce soit mentale, physique, etc., comme les moins que rien dans notre société, il faut le dire. C’est le gouvernement de Mamadi Doumbouya qui en a fait une place dans notre société. Même au niveau de la GMD, j’ai vu dans mes tournées que la directrice de campagne ou l’adjointe à Pita, c’est une personne qui était en fauteuil roulant. J’ai vu qu’au CNT ils ont de la place. »
Le ministre porte-parole a toutefois admis que les efforts entrepris demeurent insuffisants face à l’ampleur des défis : « Nous commençons à leur faire de la place et de leur redonner leur dignité dans notre société. C’est une responsabilité que le chef de l’Etat a prise et qui engage le gouvernement. Est-ce qu’on en fait assez ? Non. »
Au-delà de la question du recrutement, c’est celle de l’accessibilité des infrastructures publiques qui est également posée. Selon lui, l’inadaptation des bâtiments constitue un obstacle majeur à l’inclusion : « S’il y avait un handicapé ici, il n’aurait pas pu assister à cette conférence de presse parce que ce bâtiment n’a pas été conçu pour accueillir quelqu’un qui n’est pas valide. C’est pour ça que les nouvelles architectures des bâtiments publics, la loi et c’est par la constitution qu’il existe que tous les bâtiments publics doivent être adaptés à tous les types d’handicap pour que les personnes puissent aller. Même les hôpitaux. Il y a des bâtiments dans l’hôpital d’encart où l’handicapé, sauf si on le porte. Il y a des écoles, nos universités, nos lycées. Il y a des classes où il ne peut pas atteindre. »
Le membre du gouvernement a rappelé que la nouvelle Constitution fait de la prise en charge du handicap une obligation pour l’État, tout en soulignant la complexité des réformes à engager : « Notre société a énormément de choses à faire pour se conformer à notre nouvelle constitution qui fait de la prise en charge du handicap par l’état comme une obligation. On en a pas fait assez, donc nous entendons parfaitement bien leur cri de coeur et je pense que c’est un rappel d’une obligation constitutionnelle qu’ils nous font et à laquelle nous n’obligeons pas et nous ne négligeons pas, sauf que cela demande du temps. Modifier tous les bâtiments de l’état pour qu’ils soient accessibles, ça demande du temps. »
Sur le volet de l’emploi, il a insisté sur la nécessité de changer les mentalités et d’adapter les postes de travail : « Adapter les gens pour qu’ils acceptent de recruter quelqu’un. Quelqu’un peut être un handicap, mais son cerveau marche comme le nôtre. Ses bras marchent, donc il peut faire beaucoup de choses. Après, écrivez vos textes en dictant. Donc on peut adapter le bureau à toutes les formes d’handicap et nous encourageons les entreprises privées de faire en sorte qu’il y ait une place réservée à ces personnes moins avantagées par la nature pour leur permettre leur pleine intégration dans le monde du travail. »
Gnima Aïssata Kébé










