Un nouvel épisode judiciaire s’est invité dans le procès des complices présumés des massacres du 28 septembre 2009. Alors que la procédure suit son cours devant la juridiction de jugement, les avocats du colonel Jean-Louis Kpoghomou, du colonel Georges Olemou et de l’adjudant-chef Thomas Touaro ont décidé d’élargir le champ du combat judiciaire en s’attaquant directement à certains acteurs de l’instruction.
Déjà engagée dans une bataille procédurale autour de la validité de l’ordonnance de renvoi, la défense a officiellement saisi le Conseil supérieur de la magistrature . Les conseils estiment que plusieurs décisions prises dans ce dossier ont porté atteinte aux droits fondamentaux de leurs clients, qu’ils continuent de présenter comme injustement poursuivis.
À l’audience de ce lundi 19 janvier 2026, dédiée aux répliques de la défense face aux arguments du ministère public et des parties civiles, l’annonce a été rendue publique. Me Paul Lazard Gbilimou, intervenant au nom du collectif d’avocats, a confirmé le dépôt de plaintes disciplinaires contre le procureur général près la Cour d’appel de Conakry, Fallou Doumbouya, ainsi que contre l’ancien juge d’instruction du tribunal de Dixinn.
Concernant le procureur général, la défense lui reproche de ne pas avoir exécuté un arrêt de la chambre de contrôle de l’instruction ayant, selon elle, annulé la procédure et ordonné la mise en liberté des trois militaires. Me Gbilimou a précisé qu’une première audience s’est déjà tenue, avant un renvoi à une session ultérieure.
Le second magistrat mis en cause, Morlaye Soumah, auteur de l’ordonnance de renvoi contestée, fait également l’objet d’une procédure devant le Conseil supérieur de la magistrature. Sa convocation était attendue le même jour, ouvrant la voie à une mise en état du dossier disciplinaire.
Pour la défense, cette démarche vise avant tout à rétablir la vérité et à préserver l’honneur des accusés. Mais le ton pourrait encore monter. À la barre, Me Gbilimou n’a pas exclu une escalade judiciaire, évoquant la possibilité d’actions pénales à l’encontre des deux magistrats visés, au-delà des seules sanctions disciplinaires.
Pendant ce temps, la juridiction saisie du fond reste attendue sur l’exception de nullité soulevée par les avocats. Une décision favorable pourrait bouleverser l’équilibre du procès et remettre en cause la poursuite de la procédure contre les trois officiers.
Gnima Aïssata Kébé












