Le dossier judiciaire relatif aux événements tragiques du 28 septembre 2009 continue de se jouer sur le terrain du droit. Les colonels Jean-Louis Kpoghomou et Georges Olemou, ainsi que l’adjudant-chef Thomas Touaro, cités pour leur implication présumée dans les massacres du stade de Conakry, devront patienter encore avant de connaître l’issue de leur comparution devant le tribunal criminel de Dixinn.
À l’ouverture de l’audience ce lundi, la défense a choisi de frapper fort sur la forme plutôt que sur le fond. Par le dépôt de conclusions écrites, les avocats des trois accusés ont soulevé une exception de nullité visant la régularité même de la saisine du tribunal. Selon eux, l’ordonnance de renvoi ayant permis l’ouverture de ce procès serait juridiquement fragile et incompatible avec les exigences de la procédure pénale.
Face à cette contestation, le ministère public et les représentants de la partie civile ont opposé une fin de non-recevoir. Ils estiment que la procédure engagée respecte scrupuleusement les prescriptions légales et que les arguments soulevés par la défense relèvent davantage d’une stratégie dilatoire que d’un réel vice de forme.
Pendant plus de trois heures, les débats ont été nourris et techniques, révélant l’âpreté d’un bras de fer juridique où chaque camp s’emploie à imposer sa lecture de la loi. Le président du tribunal, Aboubacar Thiam, a finalement décidé de suspendre l’examen du dossier, renvoyant l’affaire à huitaine.
La reprise de l’audience est ainsi fixée au 26 janvier prochain. Elle sera consacrée aux réponses du ministère public et de la partie civile aux conclusions déposées par la défense, dans un procès où chaque étape procédurale semble désormais peser aussi lourd que les faits eux-mêmes.
Le procès se poursuit !
Gnima Aïssata Kébé












