L’ancien gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG), Dr Lounceny Nabé, a rejeté les accusations de détournement de trois tonnes d’or portées contre lui. Il s’est exprimé ce mercredi 4 novembre 2026 devant la chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF).
Poursuivi pour détournement présumé de deniers publics, enrichissement illicite et corruption, à la suite d’une plainte de la BCRG, l’ancien responsable bancaire a plaidé non coupable. Il affirme que les lingots concernés sont toujours détenus par la société belge Affinor, partenaire de la Banque centrale dans une opération d’affinage : « Je ne reconnais pas les faits. Je suis ici parce que j’ai été gouverneur de la BCRG à un moment donné. Je suis quelqu’un qui a toujours respecté la loi », a-t-il déclaré à la barre.
Au cœur de cette procédure figure un contrat conclu en 2015 entre la BCRG et Affinor, portant sur l’affinage et la gestion d’une partie des réserves d’or guinéennes. Les quantités concernées s’élèvent à trois tonnes et 135 kilogrammes, dont la valeur est estimée à environ 200 millions de dollars.
Pour Dr Lounceny Nabé, cette opération relevait d’un processus de monétisation de l’or brut et non d’un détournement de ressources publiques : « C’est Affinor qui détient les trois tonnes d’or. Je n’ai aucun lien personnel avec eux. Cela me blesse que les gens pensent que j’ai détourné trois tonnes d’or », a-t-il soutenu, avant de rappeler l’issue du différend judiciaire entre la Guinée et le raffineur belge : « Il y a eu une bataille de procédure dans cette affaire entre la Guinée et Affinor, et la Guinée l’a remportée. Par conséquent, je pense qu’on ne peut plus parler de détournement ».
Interrogé sur ses revenus durant son passage à la tête de la BCRG, qu’il a dirigée de 2010 au 5 septembre 2021, l’ancien gouverneur a déclaré percevoir environ 30 millions de francs guinéens par mois, en plus de certaines primes.
Il a également été amené à justifier l’origine de son patrimoine. À cette occasion, il a cité plusieurs biens immobiliers acquis entre les années 1990 et 2000, ainsi que des comptes bancaires ouverts depuis cette période : « J’ai un compte bancaire à la BCRG depuis 1993, à l’époque où j’étais directeur général. J’ai un compte épargne à la Bicigui ouvert depuis les années 1990. J’ai une maison à Entag acquise en 1994, une maison à Matam depuis 2001, une maison familiale au village. J’ai un terrain à Sonfonia depuis 2001, un terrain à Kironty depuis 1998, un terrain à Manéah et un terrain à Kagbélen », a-t-il précisé.
L’ancien patron de la Banque centrale devra désormais poursuivre ses explications devant la juridiction spécialisée, qui examine les faits mis à sa charge.
Gnima Aïssata Kébé










