À l’approche des élections législatives et communales prévues au mois de mai, l’ONG Club des Métis pour la Prévention des Conflits et le Maintient de la Paix (CMP2) a animé une conférence de presse ce samedi 18 avril 2026, à la Maison commune des journalistes. Objectif : annoncer sa collaboration avec la Direction générale des élections (DGE) et présenter les activités qu’elle entend mener avant, pendant et après les scrutins uninominal et plurinominal.

Créée en 2010, cette organisation de la société civile œuvre pour le renforcement de la paix, de la cohésion sociale et de la démocratie, notamment à travers des campagnes de sensibilisation à l’endroit des populations.
Prenant la parole, le président par intérim du CMP2, Mohamed Konaté, a précisé que les actions de terrain cibleront particulièrement les communes de Sonfonia et Kagbélen lors du double scrutin du 31 mai : « Dans un contexte où les périodes électorales peuvent parfois être source de conflits, de tensions, il est de notre responsabilité collective en tant qu’ONG patriote et citoyen de la République d’agir en amont pour prévenir tout type de conflits, quel que soit sa nature, et promouvoir le vivre-ensemble. »
Poursuivant, il a détaillé les axes de la campagne : « À travers cette initiative, le CMP2 se donne comme objectif de sensibiliser ses différentes couches sociales, à savoir les jeunes, les femmes et les responsables religieux, sur le rôle que chaque citoyen doit jouer dans la prévention des conflits et le maintien de la paix. Promouvoir le fair-play politique pendant cette campagne électorale, encourager le respect des lois et des institutions républicaines, et inciter la population à une participation massive à ces deux scrutins uninominal et plurinominal ainsi qu’aux élections des conseillers communaux. »
Dans un appel à l’endroit de la population, Mohamed Konaté a insisté sur la responsabilité collective pour garantir des élections apaisées : « Nous sommes convaincus que des élections apaisées ne dépendent pas seulement des institutions, mais aussi de l’engagement de chaque fils et fille de ce beau pays. C’est pourquoi nous lançons un appel aux acteurs politiques pour privilégier le dialogue et le respect mutuel, aux jeunes et aux femmes pour être des vecteurs de paix, aux médias pour continuer à jouer leur rôle avec professionnalisme et responsabilité, et à toute la population guinéenne pour s’éloigner de toute forme de violence électorale. »
De son côté, le secrétaire général de l’ONG, Mohamed Mamadama Camara, est revenu sur les motivations ayant conduit à la création du CMP2, en lien avec les violences survenues lors des élections passées : « Nous savons qu’après les élections de 2010, celles-ci ont été émaillées de violences qui se sont transformées en conflits communautaires. Nous, membres fondateurs, avions décidé de créer une structure réunissant des enfants issus de différentes communautés. Moi, je suis l’enfant d’un Malinké… Donc le métissage ethnique fait que lorsqu’il y a conflit entre ces communautés, je peux intervenir pour apaiser la situation. »
Il a également mis en avant les actions menées depuis la création de l’ONG : « Depuis 2010 jusqu’à aujourd’hui, c’est ce combat que nous continuons. Nous avons été sur le terrain, parcouru toute l’étendue du territoire, et nous avons pu contribuer à la résolution de plusieurs problèmes. Si nous sommes devant vous aujourd’hui, c’est pour accomplir cette même mission : éviter les conflits communautaires et faire en sorte que ces élections d’une grande importance ne soient pas entachées de violences. »

Dans la même dynamique, il a lancé un appel à la responsabilité collective : « Ces élections communales, législatives et sénatoriales doivent nous amener à mettre de l’eau dans nos vins afin que la Guinée puisse connaître un développement radieux. »
Enfin, le CMP2 a réaffirmé son engagement aux côtés de ses partenaires techniques et financiers, avec lesquels il entend œuvrer pour un processus électoral apaisé, placé sous le signe de la paix et de la cohésion sociale.
Gnima Aïssata Kébé










